La dette ? FMI et dettes des pays pauvres et émergents (1980 et 1990)

samedi 7 janvier 2012
par  Yan lou Pec
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Ce sont les mêmes acteurs et les mêmes mécanismes qui sont aujourd’hui à l’œuvre et les mêmes remèdes qui sont imposés. Si ces « solutions » ont beaucoup rapporté à quelques grandes firmes transnationales et aux institutions bancaires, elles ont mis à genoux des dizaines de pays, précipité dans la pauvreté et la misère des millions de citoyens et provoqué une destruction massive de l’environnement.

FMI : l’éternel recommencement

Le Fonds Monétaire International (FMI) est l’un des acteurs les plus puissants de l’économie mondiale. C’est une institution multilatérale qui prête des centaines de milliards de francs à des pays subissant des déséquilibres économiques extrêmes. Il catalyse des milliards de francs supplémentaires en provenance de riches nations créancières et d’autres institutions financières internationales. Les pays les plus riches, le Groupe des sept ou G-7, ont doté le FMI du pouvoir d’attribuer un « sceau d’approbation » aux politiques économiques des pays emprunteurs. Les pays pauvres ont besoin de ce « sceau d’approbation » pour obtenir des Etats créanciers un allégement de leur dette. Il influence en fait toutes les décisions des investisseurs privés et des organismes d’aide publique au développement pour l’octroi de crédits et les investissements. Le FMI jouit ainsi d’un énorme pouvoir sur la vie de millions de personnes à travers le monde.

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Le pouvoir du FMI s’exerce essentiellement sur les pays les plus pauvres mais également, après la récente crise financière mondiale, sur les pays à économie de marché émergente. Les nations industrialisées n’ont pas emprunté au FMI depuis une vingtaine d’années. Le FMI n’a plus d’influence sur leurs marchés boursiers ou sur leurs émissions d’obligations. Ce sont les pays riches qui contrôlent les décisions et établissent la stratégie du FMI. Grâce à la majorité des droits de vote qu’ils détiennent, ces pays ont pu utiliser le FMI pour promouvoir leur stratégie économique mondiale. Ce programme a été surnommé aux Etats-Unis « le complexe Trésor-Wall Street », qui décrit les relations particulièrement étroites entre le Ministère de l’Economie états-unien (qui arrête la politique états-unienne au sein du FMI) et les investisseurs et banquiers de Wall Street. En sécurisant le monde pour les investisseurs privés, le FMI et ses actionnaires majoritaires ont foulé aux pieds les droits des citoyens en les excluant du processus de décision et en gardant secrètes des informations importantes.

Le mandat sans cesse croissant du FMI, surnommé « la mission rampante », s’étend au fur et à mesure qu’il aborde de nouveaux problèmes tels que les systèmes financiers et bancaires, la « bonne gouvernance », et même les réformes judiciaires et agraires, ainsi que les dépenses dans le secteur social. Malheureusement, la puissance croissante du FMI et le secret dont il entoure son fonctionnement ont trop longtemps intimidé les organisations citoyennes.

Campagne pour l'annulation de la dette de Haïti

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Ce guide décrit la nature, la structure et les activités du FMI afin de démystifier cette institution et d’expliquer comment elle affecte la vie des gens. Il présente aussi les critiques formulées par diverses ONG à l’encontre des opérations du FMI, ainsi que des stratégies spécifiques adoptées pour contrer le FMI et d’autres institutions qui sont en lien avec lui. Malgré l’extension du pouvoir du Fonds, le moment est venu d’exiger des réformes globales et profondes. La crise financière mondiale a lancé des débats sans précédents au sein des groupes politiques et des médias sur le rôle du FMI. Les mouvements de citoyens qui s’étendent au niveau international pour l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, atteste que nous sommes de mieux en mieux informés ce qui est indispensable pour se mobiliser efficacement sur les questions d’injustice économique mondiale.

Soutenir le secteur financier privé

Les crises financières des années 1990 ont encore accru la puissance du FMI. Lorsque le peso mexicain a été attaqué en 1995, le FMI s’est empressé d’intervenir en avançant des crédits d’urgence pour soutenir cette monnaie. Il fit de même en Thaïlande en 1997, puis en Indonésie, en Corée, en Russie, et au Brésil. Le FMI a profité de ces opportunités pour poursuivre son expansion. Tirant avantage de son pouvoir sur ces pays en crise, le Fonds exigeait de vastes réformes dans tous les domaines, notamment du droit bancaire, du droit du travail et des dépenses de l’Etat.

Les crises financières des années 1990 ont encore accru la puissance du FMI. Lorsque le peso mexicain a été attaqué en 1995, le FMI s’est empressé d’intervenir en avançant des crédits d’urgence pour soutenir cette monnaie. Il fit de même en Thaïlande en 1997, puis en Indonésie, en Corée, en Russie, et au Brésil. Le FMI a profité de ces opportunités pour poursuivre son expansion. Tirant avantage de son pouvoir sur ces pays en crise, le Fonds exigeait de vastes réformes dans tous les domaines, notamment du droit bancaire, du droit du travail et des dépenses de l’Etat.

Campagne contre la dette du Burkina Faso

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"La dette sous sa forme actuelle est une reconquête savamment organisée de l’Afrique. La dette peut ne pas être remboursée. D’abord, si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également." Thomas Sankara

La crise financière des années 1990 différait substantiellement de la crise de la dette des années 1980. Alors que dans les années 1980 il s’agissait de crédits avancés par des banques privées (la plupart, des banques japonaises, européennes et américaines) à des Etats, dans les années 1990 les crédits avaient été octroyés par ces mêmes acteurs privés à des sociétés et des banques privées dans les pays émergents. Ainsi, la crise des années 1990 conduisait à l’état de cessation de paiements d’entreprises privées plutôt que de celle d’Etats. Autre différence, dans les années 1990, on pouvait aisément éviter les faillites puisque le problème principal provenait d’un manque de liquidités.

Malgré ces différences, le FMI eut recours aux mêmes tactiques pour résoudre ces deux crises. Il préconisa des taux d’intérêts élevés et la dévaluation. Cette stratégie conduisit à l’augmentation de la dette et à de nombreuses faillites, ce qui déclencha une récession intérieure. La méthode du FMI força également des gouvernements à reprendre à leur compte la dette des entreprises privées. Les créanciers étrangers furent remboursés avec des fonds du FMI, et les banquiers furent ainsi tirés d’affaire grâce à des fonds publics. Au niveau local, les contribuables furent contraints de régler la facture de ce plan de sauvetage international.

"Est-ce qu'on n'a pas pris assez ?" (Campagne : Annulez la dette)

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A la suite de cette catastrophe financière internationale, le FMI tenta d’imputer la faute aux pays emprunteurs qui n’auraient pas révélé avec exactitude leur situation financière. En fait, la responsabilité du FMI est claire : il a échoué dans sa mission de contrôle et ses programmes d’ajustement étaient clairement défectueux. Bien que les gouvernements ne reconnaissent pas l’échec du FMI, cette crise déclencha au sein des groupes politiques et des économistes un débat sur son efficacité et son rôle et surtout sur les dogmes économiques qu’il applique. Avec plus de 1500 milliards de dollars qui franchissent chaque jour les frontières, de nombreux critiques soutiennent que le FMI n’est plus capable d’exécuter sa mission essentielle de surveillance et de réglementation de la politique monétaire.

Le droit de vie ou de mort sur une économie s’est, de multiples façons, déplacé entre les mains des marchés financiers privés et le capital spéculatif. Le FMI et ses gouvernements actionnaires ont reconnu cet état de fait en adoptant des stratégies visant en priorité à satisfaire le secteur privé de la finance, même aux dépens d’autres objectifs économiques tels que la création d’emplois ou la croissance de la demande intérieure.

Toujours les bonnes vieille recettes !!

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Ce sont les mêmes mécanismes qui sont aujourd’hui à l’œuvre et les mêmes remèdes qui sont imposés. Si ces « solutions » ont beaucoup rapporté à quelques grandes firmes transnationales et aux institutions bancaires, elles ont mis à genoux des dizaines de pays, précipité dans la pauvreté et la misère des millions de citoyens et provoqué une destruction massive de l’environnement.

Extraits du « Guide citoyen du Fonds Monétaire International » - Amis de la Terre Etats-Unis 2000.


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