France le scandale de la maltraitance de l’eau de pluie.

mardi 25 octobre 2022
par  Maitre de la toile
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En France nous avons un très sérieux problème, c’est le poids des lobbies. Voici un exemple qui a trait à l’eau de pluie.

Un Français utilise environ 150l d’eau par jour, soit 56 m3/an. 54% de l’eau utilisée par un ménage ne nécessite pas d’être potable (EDCH) :

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Répartition besoin potable non potable

Dans les Landes, les Amis de la Terre sont parfois conviés à des réunions concernant directement l’eau et ses usages, y compris lors de l’élaboration des PLUI et PLU. Nous ne cessons de citer l’exemple belge. Là bas, le stockage et la réutilisation de l’eau de pluie constituent une obligation dans les constructions neuves, ou les restaurations importantes.

En Belgique, lorsque vous voulez construire une maison, ou faire une restauration lourde, suivant les régions, les services publics vous imposent la mise en place d’une cuve de stockage pour réutilisation de l’eau de pluie tombant sur votre toiture. La cuve est dimensionnée en fonction de la taille du toit. La construction impose un système unique d’alimentation des matériels mais différentiés sur l’alimentation en entrée de circuit. Deux arrivées avec un clapet anti-retour au groupe pompe hydrophore, et un au milieu de la distribution permettant l’alimentation des eaux non potables sur le circuit dédié, et lorsque l’on manque d’eau de pluie une alimentation automatique par l’EDCH. Un schéma classique d’une installation pour un particulier est le suivant :

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La Flandre a été la première région à imposer la réutilisation de l’eau de pluie.

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La loi en Flandre

Nous allons au travers d’un exemple comparatif vous montrer l’impact de ces règles simples à appliquer, mais qui posent en France des problèmes insurmontables.

Soit deux couples vivant l’un dans les Landes, l’autre dans le sud de Bruxelles en Wallonie. Le premier n’a plus d’enfant, le deuxième à un petit bout de chou. En gros, leurs équipements et les utilisations d’eau sont tout à fait comparables (un pavillon avec jardin). Le premier arrose sa pelouse avec un forage, le deuxième avec son installation de récupération d’eau de pluie. Dans le deuxième cas, la qualité de la terre et la pluviométrie ne demandent pas de gros arrosages. Les deux pavillons possèdent un lave linge, un lave vaisselle, et tout le confort moderne.

Le tableau suivant montre les consommations d’eau potable annuelles pour chaque pavillon entre 2019 et 2022. L’année est arrêtée au 20 octobre pour l’un comme pour l’autre.

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Volumes d’EDCH consomées pour l’exemple choisi

La comparaison est édifiante, à l’heure où nous connaissons des problèmes de qualité et de quantité d’eau. Certes, on nous dira que l’arbre ne fait pas la forêt, mais cet exemple à le mérite d’exister, et de montrer une piste.

L’argumentaire que l’on nous oppose pour ne pas prendre en compte cette économie substantielle d’eau potable est toujours le même.

Il peut y avoir des retours d’eau de pluie non potable dans le circuit potable. En fait, on sous-entend que les clapets anti-retour belges fabriqués pour certains en chine seraient plus efficaces que les clapets anti-retours français fabriqués pour certains en chine.

On pourrait consommer de l’eau de pluie non potable, ce qui pourrait induire un risque pour la santé. Nous pourrions rappeler que dans les Landes, il existe de nombreux logements alimentés pour leur totalité par de l’eau de puits ou de forage. Ces logements étant trop loin des réseaux d’eau potables pour être raccordés, ou pour susciter la même sollicitude en matière de santé.

En fait, un argument plus évident est le fait que ces eaux seront ensuite dirigées vers des stations d’épuration (STEU) sans payer la taxe. Nous pourrions faire remarquer à ce sujet que les nombreuses fuites en responsabilité des structures de distribution ne sont pas remboursées.

Pour compléter ce dernier point du financement, il faut comparer les prix payés du m3 dans notre exemple. En Belgique pour 45 m3 la facture estimée est de 252€, soit 5.6€ du m3, alors qu’en France, pour 109 m3, nous obtenons une facture estimée de 470 € soit 4.31€ du m3. Ceci sans entrer dans le détail de la constitution des prix.

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Coûts comparés de l’exemple

Si vous passer par la Belgique, allez visiter un magasin de bricolage, vous y trouverez des rayons spécifiques entiers où vous pouvez acquérir des kits complets de pompe hydrophore pour moins de 500€ avec un filtre amont de pompe, et les deux en sortie de pompe à 20 et 5 microns permettant l’usage en lave linge et lave vaisselle.

En matière d’eau, il paraitrait que les AT dans les Landes sont trop clivants, il est vrai que nous osons nous demander pourquoi un tel immobilisme, alors que tous nos politiques ne disent penser qu’environnement, économie de ressources...

Nos amis Belges, que parfois nous taquinons, ont peut être une réponse. Une vieille blague toujours d’actualité que Coluche leur attribuait : "Savez-vous pourquoi les Français ont choisi le coq comme emblème ? C’est parce que c’est le seul oiseau qui arrive à chanter les pieds dans la merde !".


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