Que cherche Wavelandes ?

jeudi 9 septembre 2021
par  Maitre de la toile
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Cet été, à l’occasion des jeux olympiques de Tokyo, nous avons eu droit au retour d’un projet que nous pensions enterré. Le projet de la société Wavelandes a été remis en lumière par son principal acteur. Nous avons vu apparaitre 3 publie-reportages d’un goût douteux concernant le projet enlisé de Castets.

Rappelons que cette société de holding financière demeure depuis sa création en 2015 sans le moindre chiffre d’affaire. De mauvaises langues pourraient parler de coquille vide.

Nous avons eu la surprise de découvrir un site dédié aux intentions du fondateur, ou peut être de ses rêves, on ne sait jamais.

https://wavelandes.com/

Le site montre deux parties du projet :

  • Un Surf Parc
  • Un Surf camp (ou camping pour les anciens)

Le camping occuperait une zone réservée du PLU de Castets. Si nous en croyons quelques indiscrétions, Monsieur le Maire de Castets n’était pas au courant qu’il avait vendu ce terrain, mais les mauvaises langues sont partout.

La vente du terrain du surf Parc devait être effective en juin 2020. Or, comme elle n’a pas été réalisée, les porteurs du projet ont un petit temps supplémentaire jusqu’en fin 2021. Rappelons que le conseil municipal a autorisé la vente en novembre 2018, que la piscine à vagues devait être opérationnelle mi 2020. Mais le manque d’investisseurs, le refus de subventions par le conseil régional ont peut être eu raison de cette première version du GPI2.

Nous notons également que la commune de Castets est fortement endettée. D’importants travaux y ont été réalisés. C’est une commune agréable à visiter et bien équipée. La présence d’une zone industrielle importante a t elle conduit les municipalités successives à être un peu trop prodigues ? En tout cas, cela peut rendre les édiles plus sensibles aux sirènes des faiseurs d’affaires prometteurs de retours financiers et d’emplois, surtout avec la crise des scieries et de l’industrie du bois qui frappe les Landes.

La nouvelle mouture du projet est beaucoup plus greenwashing. La première version se voulait déjà à cette mode du temps, nous en avions démonté le mécanisme dans un article. La deuxième en est franchement une caricature. Le porteur de projet a promis à quelques associations un dossier d’information complèt, mais les données semblent tarder à venir.

Si nous en croyons les quelques rares données que nous avons en notre possession, l’eau utilisée pour la mise à niveau du bassin et l’arrosage des pelouses et autres espaces verts serait exclusivement issue de la pluie récoltée sur le site. La vidange et le remplissage du bassin par de l’eau potable ne se feraient que tous les 5 ans.

Nous allons traiter cette affirmation péremptoire du publie-reportage de Paris Match : "Aucun ajout d’eau externe malgré l’évaporation naturelle, sinon celle de l’eau de pluie...". Le porteur de projet semble penser que ses interlocuteurs ne sont que des demeurés incultes. Il ignore peut être qu’il existe un outil qui s’appelle internet, et que le calcul par ordre de grandeur est accessible à tous.

Les annales de la météo landaise nous indiquent que la pluviométrie moyenne décanale de Dax et Mont de Marsan est de l’ordre de 1 m par an.

En 2018, dans l’étude "cas par cas", le porteur de projet indiquait une évaporation moyenne journalière comprise entre 120 m3 et 1350 m3/jour suivant les conditions météo (vent, température, degré d’hygrométrie...). Or, pour le projet de Sevran en région parisienne, le porteur de projet a dû fournir à une étude d’impact très intéressante. Le bassin de Sevran prévu était le frère jumeau de celui de Castets : il utilisait la technologie "The Cove de Wavegarden"

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Etude d’impact SEVRAN extrait

Nous découvrons dans cette étude d’impact que l’évaporation moyenne journalière donne :

  • 5 cm/jour
  • soit pour une surface d’environ 2 ha un volume de 1 000 m3/jour
  • soit un débit de 42 m3 /h

Première hypothèse : le sol de l’ensemble de la parcelle est rendu étanche et la totalité de l’eau de pluie est récupérée et stockée. Ceci nous donne un volume annuel autour de :

  • 105 000 m3 d’eau de pluie annuelle à stocker
  • Une autonomie de 96 jours soit au mieux 25% du temps annuel

Deuxième hypothèse : Si nous considérons les toitures comme seules zones de récupération de l’eau de pluie, et les surfaces planchers déclarées comme des surfaces de toiture rapportées au sol, cela nous donne :

  • 7 200 m3 d’eau de pluie annuelle à stocker
  • Une autonomie de 7 jours de mise à niveau de la piscine à vague.

La première hypothèse est un jeu intellectuel, puisque nous savons que les parkings sont perméables, et qu’il existe des espaces verts dont l’arrosage se fera par la même eau de pluie, si nous en croyons l’étude "cas par cas" qui a permis l’exonération de l’étude d’impact. De même, cette étude "cas par cas" indique que les toits seront végétalisés. Nous constatons qu’une fois encore le porteur de projet a une fâcheuse tendance à ne pas totalement maîtriser le factuel, à moins que le projet ne soit à géométrie variable en fonction des besoins de sa communication.

Est il utile d’enlever des volumes les 10 premiers mm de chaque pluie qu’il faut traiter à part, car ils nettoient le système de sa poussière et éventuelles pollutions.

Les toits sont ils :

  • Végétalisés, ce qui pourrait compromettre la récupération d’eau de pluie ?
  • Couverts de panneaux photovoltaïques ?
  • Destinés à la seule récupération de l’eau de pluie ?

Faut il tenir compte des flux d’eau de nettoyage des filtres, puisque n’oublions pas que le porteur de projet devrait être astreint à filtrer la totalité de l’eau des bassins toutes les 12 h, soit 2 fois par jour, comme l’ARS locale l’a imposé à SEVRAN ou à St Père de RETZ, projets abandonnés depuis. De même l’étude d’impact de Sevran indiquait la nécessité de vidanger le bassin au moins deux fois par an, et plus si pollution par des bactéries et autres agents pathogènes. A Castets, le bassin serait rempli par de l’eau potable

Cette campagne de communication estivale adossée aux jeux de Tokyo et aux épreuves de surf estivales sur la côte landaise et basque n’est elle pas autre chose qu’une ultime et désespérée recherche de financeurs pour un projet digne des trente glorieuses. Une époque d’avant, avant que, tous, nous prenions conscience que le climat change, que les ressources de la Terre sont finies et non inépuisables comme on le pensait au XIX° et début XX° siècle.

Conclusion :
Nous le voyons encore une fois, plus nous avançons dans la connaissance de ce projet et plus nous montrons que ce n’est rien d’autre qu’un GPI2 local. Peut on supposer que l’obtention de la dispense d’étude d’impact, accordée par le préfet de région ; ait une liaison avec ce que nous découvrons à l’étude de ce dossier ?


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