Faut-il participer aux négociations de Durban ?

mardi 29 novembre 2011
par  Yan lou Pec
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Alors que les négociations sur le climat s’ouvrent aujourd’hui lundi, les militants de la société civile africaine sont très inquiets. Le Premier Ministre éthiopien, Meles Zwani, qui est le porte-parole de l’Union Africaine, aurait dit que l’Afrique se montrera « flexible » lors des négociations.

Cette annonce affaiblirait considérablement le pouvoir des négociateurs africains qui ont dénoncé avec force le fait que les pays développés n’ont pas tenu leurs obligations morales et juridiques d’agir contre les changements climatiques.

Tout comme les petits états insulaires qui sont extrêmement vulnérables, l’Afrique sera la plus touchée par des changements climatiques catastrophiques. Les conséquences sont déjà là : sécheresses et famines font rage dans la Corne de l’Afrique ; ailleurs, il y a une augmentation des pluies et des inondations ; les déserts avancent. Tout le monde s’accorde sur le fait que l’Afrique connaîtra une augmentation des températures plus forte que les moyennes mondiales, ce qui aggravera encore les dégâts.

Voilà le tableau qui sert d’arrière-plan aux 17e négociations sur le climat (ou COP17) sous l’égide des Nations-Unies, à Durban en Afrique du Sud. La ville elle-même est recouverte d’un épais nuage qui provient des centrales au charbon. L’an dernier, la compagnie sud-africaine ESKOM a reçu une énorme subvention de la Banque Mondiale pour construire la plus grande centrale au charbon du monde.

Centrale de Medupi co-financée par la Banque Mondiale, le Crédit Agricole et avec le soutien du gouvernement français (COFACE))

Centrale de Medupi, co-financée par la Banque Mondiale [1] et le Crédit Agricole [2], avec le soutien du gouvernement français (COFACE) [3] (Cliquer pour agrandir)

La Banque Mondiale qui est un des piliers de l’architecture financière des changements climatiques et les contradictions inhérentes de la politique énergétique de l’Afrique du Sud dans ce continent vulnérable en font le pays idéal pour accueillir les discussions de la Conférence.

Le sentiment général chez les personnes qui se rendent à Durban – officiels ou non – est qu’il ne sortira de la COP17 rien de vraiment différent de ce qui ressortit des négociations sans résultats de Cancún, l’an dernier au Mexique.

On sera peu étonné que certains militants se demandent si ça vaut le coup de se mobiliser. Mercredi, j’ai assisté à un débat extrêmement intéressant, lors de la « Semaine des Energies Sales » organisée par les Amis de la Terre d’Afrique du Sud où un groupe se demandait s’il y avait une seule raison pour que la société civile participe. Beaucoup de militants ont le sentiment que ces discussions sur le climat absorbent beaucoup d’énergie et ne servent qu’à préparer le terrain à des changements climatiques catastrophiques en Afrique et dans le reste du monde.

D’autres personnes pensaient au contraire que si la société civile ne participe pas aux discussions des Nations-Unies, l’espace libéré sera pris par les pollueurs et tous ceux qui voient dans les changements climatiques, non pas une crise, mais une chance de faire des affaires, comme les financiers du carbone.

D’autres encore ont décrit la participation de la société civile aux discussions des Nations-Unies comme une manifestation du « syndrome de Stockholm » où la personne prise en otages se marie avec le kidnappeur et ne verrait même pas une porte ouverte pour s’échapper, même si la porte était grande ouverte et non surveillée.

Pour Bobby Peek, le directeur des Amis de la Terre d’Afrique du Sud, le combat dépasse largement les discussions elles-mêmes. Il compare la lutte contre les changements climatiques aux énormes efforts qu’il a fallu pour vaincre l’apartheid en Afrique du Sud.

Bobby Peek, directeur de Groundwork (Amis de la Terre d’Afrique du Sud)

« Une fois de plus, nos communautés doivent s’organiser et se mobiliser » dit-il. « Nous devons aider à construire un monde plus juste et plus durable qui considèrent en priorité, les intérêts et les besoin des citoyens et des communautés .

La question est moins de savoir s’il sortira de la COP17 un accord climatique acceptable, que de savoir si les soulèvements des citoyens dans le monde seront entendus à Durban. Est-ce que les politiciens sont prêts à écouter les demandes des peuples ou celles des pollueurs ?

Est-ce que ce sera une Conférence des Parties ou une conférence des Pollueurs ? Est-ce que le commerce du carbone et tous les mécanismes de marchés qui s’ensuivent vont continuer à sévir ? Est-ce que les prétendus Mécanismes de Développement Propres (Clean Development Mechanisms ou CDM) ne vont pas se transformer en Corporate Development Mechanisms, (Mécanismes de Développement des Multinationales) ou en Crimes Development Mechanisms (Mécanismes de Développement du Crime) ? »

Blog de Nnimmo Bassey, président de la Fédération Internationale des Amis de la Terre



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