Chico Mendes. Trente ans après. Contre les fausses solutions du capitalisme vert

samedi 12 janvier 2019
par  Yan lou Pec
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Francisco Alves Mendes Filho dit Chico Mendes (né le 15 décembre 1944 à Xapuri assassiné le 22 décembre 1988 dans cette même ville) était le leader militant syndicaliste brésilien le plus connu parmi ceux qui ont défendu les droits des seringueiros, ouvriers chargés de recueillir le latex dans les plantations d’hévéa d’Amazonie.

Après de nombreux combats syndicaux et personnels pour la défense de la forêt amazonienne et de ceux qui en vivent, il fut assassiné pour ses idéaux sur ordre d’un riche propriétaire de terres. Depuis trente ans, Chico Mendes est un des symboles de la lutte pour la préservation de l’Amazonie et pour le droit des Peuples indigènes et des petits paysans.

Saluons le courage des défenseurs de l’Amazonie, des droits humains et syndicaux en particulier aujourd’hui face au nouveau gouvernement brésilien.

DÉCLARATION DE XAPURI, 16 décembre 2018

C’est de Xapuri que nous rappelons au monde que Chico Mendes n’est pas mort. Il a été assassiné. C’est le prix qu’il a payé pour avoir consacré sa vie à la cause de la réforme agraire et de la protection des forêts. Le fait est que ceux qui ont le pouvoir n’ont jamais accepté que les peuples de la forêt ont le droit à la terre, à du pain et aux rêves. Ils pensaient qu’en l’assassinant ils enterreraient sa lutte. Mais pour cela, il était trop tard. Chico Mendes était devenu une force qui dépasse son existence physique.

Depuis son assassinat, son héritage a gagné en importance. Conscient de l’importance de son héritage et craignant son pouvoir émancipateur, les dirigeants au pouvoir se sont appliqué à s’approprier son héritage tout en le déformant systématiquement et de façon continue. C’est ce que le prétendu gouvernement du Front Populaire d’Acre (FPA) a fait durant les vingt dernières années. Bien qu’étant au service des intérêts du capital international, ils imposèrent une série de politiques qui résultèrent dans un accroissement de la privatisation et de la destruction des forêts, en utilisant et abusant de l’image de Chico Mendes, .

De l’extraction du bois à l’exploration pétrolière ou gazière dans la Vale do Juruá dans la région d’Acre et à l’élevage extensif du bétail, ils ont ouvert la porte aux projets REDD - Réduction des Emissions de la Déforestation et de la Dégradation des forêts - et aux initiatives PSE - Paiement pour Services Environnementaux. Ces politiques sont ni plus ni moins la négation complète de ce que le leader des collecteurs de caoutchouc défendait, vu qu’elles privatisent la forêt, violent les droits des peuples de la forêt et les traitent comme des criminels.

Dans ce contexte, la mémoire de Chico Mendes a été défigurée et d’une certaine façon il a été tué de nouveau plusieurs fois lorsqu’il a été transformé en défenseur de ce même capitalisme qui l’a assassiné, faisant de lui l’inverse de ce qu’il était.

Il est lamentable de voir aujourd’hui dans la région d’Acre, cette tentative de marchandiser les terres et les territoires qui sont sacrés pour les peuples premiers et qui de plus sont la source de subsistance de tous les habitant de la forêt. C’est dans ce contexte que nous avons assisté ces dernières années à une criminalisation croissante, criminalisation des pratiques ancestrales des communautés indigènes ainsi que de toute forme de résistance aux capitalisme.

Fidèles à l’héritage des luttes de Chico Mendes, nous dénonçons ces projets meurtriers et ceux qui les soutiennent. C’est sur la base de nos expériences douloureuses que nous pouvons affirmer au monde que les propositions comme le "développement durable " ou "l’économie verte" ne sont que de tragiques farces. Ce sont des farces parce qu’elles ne protègent pas la nature comme elles le prétendent. Ce sont des tragédies car elles font exactement l’inverse. Et nous savons pourquoi. Il n’y a pas d’issu dans le capitalisme, sous quelle forme ou quelle couleur que ce soit. On ne peut pas protéger la vie dans un système qui tue.

Nous dénonçons cette farce et exigeons la suspension immédiate de tout projet commercial d’exploitation forestière ainsi que de toutes les politiques de compensation écologiques ou climatiques qui ont poussé sur le terreau des fausses solutions du capitalisme vert. Nous exigeons aussi le délimitation de tous les territoires des peuples indigènes et une réforme agraire enracinée dans la souveraineté populaire.

Pour l’Amazonie, pour la réforme agraire, pour la délimitation des territoires des peuples indigènes ; contre le capitalisme vert et le capitalisme sous toutes ses couleurs qu’il soit encouragé par de prétendus gouvernements de gauche ou des gouvernements ouvertement fascistes

Chico Mendes vit. La lutte continue.


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