Parjure Les mauvais contes du pneumologue Michel Aubier

mercredi 14 juin 2017
par  Maitre de la toile
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Cela a fait le tour des rédactions de la presse écrite. Pour la télévision ce fut d’une discrétion absolue, il est vrai que ce bon Emmanuel occupait la place...

Voici un des nombreux articles parus celui de Libération.

Parjure Les mauvais contes du pneumologue Michel Aubier}}
Par Coralie Schaub — 13 juin 2017 à 20:26


Michel Aubier en mars 2013. Photo Philippe Dobrowolska

Comme l’avait révélé « Libération », ce médecin avait témoigné sous serment en 2015 devant la commission d’enquête sénatoriale sur le coût de la pollution de l’air en omettant de signaler qu’il était grassement payé par Total depuis 1997. Il est jugé à partir de ce mercredi pour parjure. Une première.

Les mauvais contes du pneumologue Michel Aubier

C’est une première, à double titre. Jamais personne n’avait été jugé pour parjure devant le Sénat. Et jamais le Sénat ne s’était constitué partie civile. Le pneumologue Michel Aubier comparaît ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour « faux témoignage sous serment » devant la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Auditionné par cette dernière le 16 avril 2015, où il représentait l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le médecin avait déclaré, après avoir juré de « dire toute la vérité », n’avoir « aucun lien d’intérêt avec les acteurs économiques ».

Sauf que Libération et le Canard enchaîné ont révélé en mars 2016 que Michel Aubier, qui minimisait systématiquement dans les médias les effets du diesel sur la santé, était payé depuis près de vingt ans par le pétrolier Total. « Oui, je suis médecin-conseil de Total depuis 1997 ou 1998, pour m’occuper uniquement des problèmes sanitaires », nous avait alors tranquillement confirmé par téléphone l’ex-chef du service de pneumologie de l’hôpital Bichat de Paris, professeur à l’université Paris-Diderot et chercheur à l’Inserm (entre moult autres casquettes). « Je suis, sur le plan santé, les 200 dirigeants du groupe. Quand ils ont par exemple de l’asthme sévère ou un infarctus, je les oriente dans un service hospitalier », avait-il précisé, sans vouloir nous révéler le montant de sa rémunération. Des éléments qu’il avait omis de mentionner aux sénateurs, comme le fait qu’il est aussi membre du conseil d’administration de la Fondation Total, « depuis une dizaine d’années, bénévolement ».
Plus de 170 000 euros

Combien ces activités pour Total lui rapportent-elles ? Auditionné à nouveau en urgence par les sénateurs deux jours après nos révélations, le mandarin avait admis des émoluments de près de 5 000 euros par mois, soit près de 60 000 par an, en plus d’avantages en nature. Le tout pour « deux demi-journées par semaine ». Sans compter ses« activités annexes » pour des laboratoires pharmaceutiques. C’est aussi la somme qu’il avait déclarée par oral à Martin Hirsch. Le directeur général de l’AP-HP, qui « n’était pas au courant » de ce lien avec Total quand il a envoyé Aubier le représenter à l’audition d’avril 2015, avait questionné le médecin après en avoir été avisé par notre coup de fil.

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