La Mèr’ Denis s’en est venue à Hossegor

samedi 26 novembre 2016
par  Maitre de la toile
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Vous vous rappelez certainement de cette pub, Une vieille Bretonne et son Slogan "C’est ben vrai ça !". Sa spécialité le nettoyage.

Nous en sommes réduit à croire que son fantôme est passé par le lac d’Hossegor, et qu’elle a nettoyé telle une tornade blanche les sédiments du lac.

Lors des réunion dites de concertation, sur le dragage du lac d’Hossegor, très rapidement nous avions fait part de nos doutes sur la pureté des sédiments à draguer [1]. Nous avions reçu en retour les qualificatifs habituels.

Lors de l’enquête publique, le commissaire enquêteur balayait d’un revers de main notre argumentation et le diaporama où nous montrions que le sable blanc était en fait très noir. Toutefois, le porteur de projet s’engageait à faire des analyses complémentaires. Lors d’un CODERST (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques), nous apprenions que des analyses avaient été faites et qu’au nom de la transparence elles nous seraient transmises.

Elles nous le furent en effet, mais après l’intervention de la CADA, comme toujours. La transparence, pour certains politiques, s’arrêtant manifestement à la promesse.

Deux séries d’analyses successives furent faites à deux dates différentes, mais très proches. La première le 12 juillet 2016 avec analyses le 15, la deuxième le 4 août 2016 sans précision des dates d’analyses.

Sur chaque zone à draguer (SC) prélèvement de 2 voir 3 carottes.

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position des carrotages

Position des carottes par zone (ZC). Rouge première série jaune deuxième (Cliquer sur la figure pour agrandir).

Lors de la première série, chaque carotte est divisée en 2 parties. La partie haute est représentative de la hauteur de dragage (repère H). La partie basse de la carotte représente ce qui resterait après dragage (repère B).

Lors de la deuxième série un essai de lixiviation est ajouté, à la vérification des résultats non conformes de la première série. La lixiviation consiste à évaluer pour chaque polluant, quelle part peut être dissoute dans l’eau, donc transférée au milieu pendant le dragage.

Les résultats de la première série de mesures (première date) sont résumés dans deux tableaux. Pour la partie sédiments à draguer (Tableau 1), 5 zones sont au dessus de N1 (Voir www.amisdelaterre40.fr/spip/IMG/pdf... pour le Nickel, et le Chrome. Une seule l’est pour 5 HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques en général issus de la combustion des carburants, du charbon, ou de la forêt...).

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Tableau des résultats partie sédiments à enlever

Tablleau 1 (Cliquer sur la figure pour agrandir)

Une première curiosité : Les résultats des carottes des zones 4,5, et 6 ne sont pas données sur le tableau consignant les relevés des carottes de la partie draguée. Or la 6 est proche du point Ifremer qui montre les pollutions (qui est plus près du bord).

Autre petite curiosité on retrouve la carotte 6 dans le deuxième tableau (Tableau 2). Elle montre des dépassements N2 dans les sédiments qui resteront. Et manque dans ce tableau la carotte 3 qui est sur le ban de sable jaune le plus épais (30cm).

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Tableau des résultats partie sédiments qui resteraient

Tableau 2 (Cliquer sur la figure pour agrandir)

Une deuxième série de carottages et de mesures est faite sur les carottes litigieuses. enfin presque puisque la carotte 6 par exemple est absente. Miracle tout dépassement de seuil a disparu. Tout est parfait. Nous voulons bien, mais il y a longtemps que ne croyons plus à ce genre de miracle. Soit la première série est entachée d’erreurs, et le bureau d’étude doit nous expliquer pourquoi, soit la deuxième est entachée d’erreur, et il faut nous expliquer pourquoi. En aucun cas, on ne peut retenir la solution de la non pollution. C’est une démarche non scientifique, et qui va à l’encontre du principe de précaution.

Tout spécialiste de la mesure, qui se pencherait sur ce problème montrerait que la probabilité que les polluants aient disparu est infime, la réciproque étant la plus probable.

C’est cette deuxième série, qui est soumise à la lixiviation. Mais comme il n’ y a pas de polluants, il n’y a pas de transfert à l’eau.

Pour le porteur de projet tout est parfait.

Pour compléter, lors de la deuxième campagne de prélèvement les carottes sont montrées. Elles sont du plus beau noir, mais aussi plus courtes que celles de la première série.

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carotte deuxième série

(Cliquer sur la figure pour agrandir)

Le sable est donc d’un blanc pur tirant fortement sur le noir, et pourra être déposé à la savane. Vu de Calais, une savane c’est un peu comme une jungle, une zone pour des gens bizarres. Du reste lors d’un Coderst, il nous a été révélé un détail intéressant. Le contenu d’un petit nombre de camions a été déversé sur la plage de la Savane "pour voir", en pleine vacances au milieu des baigneurs peut être. Le noir a disparu. Ceci est dû à l’oxydation qui détruit les bactéries. On est rassuré. Pour ce qui est de la pollution elle est partie aussi...

En fait, un géologue nous explique que le sable ne peut rien stocker. Pour que le sable devienne noir, il faut que de minuscules particules argileuses viennent s’insérer entre les grains de sable. Ce sont ces particules qui fixeront les charges carbonées, et permettront la vie bactérienne. Les charges carbonées, et dans une moindre mesure les particules argileuses fixeront les polluants. Dans le lac, le flot et le jusant empêchent le dépôt d’argile en superficie par lessivage, le sable sera donc blanc ou blond en surface, et noir quelques petits centimètres sous la surface, et vraisemblablement pollué.

Une île est prévue au fond du lac. Ce projet irréaliste enfle de jour en jour. A la vue des dernières estimations des spécialistes de la SPSH, elle consommerait une très grande partie des sables vasards extraits. Nous sommes ici à nouveau dans l’absurde. Aucune étude de courentologie ni de durabilité n’ont été effectuées. Ses impacts sur le milieu, sur le comportement du lac et son évolution sont inconnus. Elle est prévue au titre de la compensation, on compense 10 ha de sables émergés à marrée basse et immergés à marée haute par 3 ha de sables émergés à marée haute.

PDF - 21 Mo
Analyses série 1 du 12 Juillet 2016
PDF - 12.6 Mo
Analyse série 2 du 4 aout 2016


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