Palmarès de la France écologique (Journal LA VIE)

jeudi 3 novembre 2016
par  Maitre de la toile
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Chaque année, depuis 2009, l’hebdomadaire La Vie publie le classement de l’écologie des départements. Ce classement est un outil de mesure de la performance du département dans sa volonté d’aller vers un monde plus conforme aux besoins et nécessités du futur. Les Landes n’ont jamais brillé, nous n’avons jamais été classé dans la première moitié du classement.

La série d’articles pour 2016 ici

Le classement du département des Landes depuis 2009

En 2016 nous sommes 83° sur 95. Nous faisons jeu égal avec la région parisienne ex æquo avec les Yvelines, la Haute Marne, juste devant l’Eure et Loir. Nous sommes une île au milieu de la verte Aquitaine.

Belle réussite pour Henri Emmanuelli qui nous rêvait Californie. Encore un effort, et nous pourrons demander notre rattachement à Paris, nous n’aurons plus besoin de LGV. Nous avons bien "progressé" cette année 2016 après une erreur de parcours en 2015 où nous étions tombé à la 51° place.

2016

http://www.lavie.fr/actualite/ecologie/palmares-ecologie-2016/les-huit-criteres-du-palmares-2016-de-l-ecologie-02-11-2016-77376_855.php

 Les 8 critères du classement

Agenda 21

Pour distinguer les départements selon ce critère, nous avons pris en compte le nombre de collectivités territoriales ayant adopté un Agenda 21, la variation de ce nombre depuis l’année dernière, ainsi que le pourcentage de la population qui était concernée par un Agenda 21 local en 2013.

Source : Comité 21.

Transition énergétique

Outre le bouquet d’énergies renouvelables de chaque département (solaire photovoltaïque, éolien, petite hydraulique, biogaz, biomasse), nous avons pris en compte les rejets de gaz à effet de serre issus de l’industrie, de l’agriculture et du logement. Nous y avons ajouté le nombre de PCET (Plan climat-énergie territorial) et le nombre de lauréats de l’appel à projet « Territoires à énergie positive ».

Sources : ministères de l’Écologie et du Logement, Ademe.

Agriculture biologique

Le classement a été établi en prenant en compte le nombre de producteurs installés en agriculture biologique, la variation du nombre de producteurs depuis l’année dernière, les surfaces cultivées en bio ou en conversion vers le bio et la part du bio dans la surface agricole utile du département.

Source : Agence Bio.

Protection de la biodiversité

Nous avons ici pris en compte à la fois l’état du milieu - pourcentage d’espaces protégés dans la superficie du département, pourcentage de sols artificialisés depuis 2006, évolution de l’indice d’abondance des oiseaux communs depuis 2001, abondance moyenne de papillons par jardin - et le taux de participation aux observatoires naturalistes et grand public mis en place par le Muséum national d’histoire naturelle.

Sources : MNHN, ministère de l’Agriculture.

Consommation durable

Ce classement a été établi à partir du nombre d’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et de producteurs pratiquant la vente directe et du nombre de commerces engagés dans une démarche bio et/ou équitable, rapportés au nombre d’habitants du département. Nous avons aussi pris en compte le nombre de ruches en activité et en construction.

Sources : Mouvement Colibris, lemarchecitoyen.net et la Ruche qui dit oui.

Gestion des déchets

Nous avons d’abord pris en compte l’évolution des ratios d’ordures ménagères et de déchets recyclables collectés par habitant. En ajoutant le nombre de sites pollués faisant l’objet d’une action publique, le nombre d’accidents impliquant des matières dangereuses ayant conduit à des dégâts environnementaux ainsi que le nombre de sites produisant et/ou entreposant une quantité importante de déchets radioactifs.
Sources : Ademe, ministère de l’Écologie, Andra.

Qualité de l’eau

Notre calcul se base sur la qualité de l’eau de consommation (vis-à-vis de la présence ou non de nitrates), sur la qualité des eaux de baignade et sur celle du milieu naturel : concentration moyenne en pesticides des eaux souterraines, teneur moyenne des cours d’eau en phosphates, moyenne des notes de l’indice poissons rivière, calculé par l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques).

Sources : ministères de la Santé et de l’Écologie, Agences de l’Eau.

Qualité de l’air

Nous avons pris en compte les rejets de polluants atmosphériques (les rejets industriels d’oxydes d’azote et d’oxydes de soufre), les concentrations moyennes en milieu urbain des principaux polluants (oxydes de soufre, oxydes d’azote et particules fines), ainsi que les pics de pollution à l’ozone. Nous avons également pris en compte les lauréats de l’appel à projets « Villes respirables en 5 ans ».

 Les 16 questions que vous vous posez

http://www.lavie.fr/actualite/ecologie/palmares-ecologie-2016/les-reponses-aux-16-questions-que-vous-vous-posez-02-11-2016-77360_855.php

1. Première de votre classement, la Loire-Atlantique est-elle un département 100% écologique ?

Pas plus que la Gironde, notre vainqueur 2015, la Loire-Atlantique ne peut se prévaloir de pratiques 100% écologiques. Ainsi, sur les huit critères que nous avons choisi, la Loire-Atlantique obtient un très bon classement dans six d’entre eux (3e en « Agenda 21 », 3e en « gestion des déchets », 3e en « protection de la biodiversité », 5e en « consommation durable », 7e en « agriculture bio », 10e en « transition énergétique ») mais un classement plutôt médiocre dans les deux derniers (54e en « qualité de l’air », 78e en « qualité de l’eau »). Et bien sûr notre classement ne prend pas en compte l’impact écologique que pourrait avoir l’éventuel futur aéroport de Notre-Dame-des Landes, puisque celui ci n’est toujours pas construit, ses travaux n’ayant même pas commencé...

2. Avez-vous changé des critères dans votre palmarès 2016 ?

Non, mais nous avons fait des améliorations, comme chaque année. Inspirés par l’Atlas de la France toxique, publié cette année par l’association Robin des Bois, nous avons ainsi pris en compte, dans le critère « gestion des déchets », les risques environnementaux liés aux activités industrielles. Le nombre de lauréats de l’appel à projet national « villes respirables en 5 ans » a également fait son apparition, afin de mesurer le volontarisme local dans le cadre de la qualité de l’air.

3. S’agit-il d’un classement avec des « bons » et des « mauvais » élèves , ou encore des « bons » ou des « mauvais » conseils départementaux ?

Dès la première année de la publication de ce palmarès dans La Vie – c’était en octobre 2007 à l’occasion du Grenelle de l’Environnement – nous écrivions ceci : « Il ne s’agit pas d’un classement des régions ’où il fait bon vivre’, mais plutôt d’un indice de la dynamique enclenchée par les acteurs locaux sur les enjeux écologiques. » Cette philosophie n’a jamais cessé d’accompagner notre démarche depuis dix ans. D’où notre volonté d’améliorer nos critères d’années en années.
Précisons ensuite, que ce n’est pas non plus un classement des « bons » et des « mauvais » conseils départementaux. En effet, si certains de nos huit critères dépendent exclusivement des collectivités locales (la mise en place d’Agenda 21 ou encore la gestion des déchets), d’autres sont davantage le résultat de politiques qui mélangent à la fois le niveau départemental mais aussi régional, voire national (la protection de la biodiversité, le développement de l’agriculture biologique, la transition énergétique ou encore le dossier très sensible de la politique de l’eau), sans oublier des comportements purement citoyens (la consommation durable). Quant à la qualité de l’air, le huitième et dernier de nos critères, s’il est très concret pour les citoyens (l’air qu’on respire), il est, par essence, « sans frontières », quelles soient départementales ou nationales...

4. Comment est calculé le classement général ?

La place d’un département au classement général du Palmarès n’est pas liée directement à son rang dans les 8 autres classements : elle est calculée à partir des notes obtenues dans ces 8 critères. Concrètement, nous notons les départements de 1 à 20 pour chaque critère, additionnons les notes et les divisons par 8 pour avoir une moyenne globale. C’est ainsi que la Loire-Atlantique, avec 110 points, obtient une moyenne de 13,7 sur 20. Le dernier, le Val-de-Marne, a quant à lui obtenu 51 points, soit une moyenne de 6,4 sur 20.

5. Comment se fait-il que tous les chiffres pris en compte ne datent pas de 2016 ?

La France produit beaucoup de statistiques environnementales, mais elles ne sont pas rassemblées en un lieu unique, ne sont pas toutes départementalisées, et ne sont pas mises à jour tous les ans. Lorsque nous contactons au cas par cas les ministères, les grandes agences nationales et les associations, nous cherchons à récupérer des chiffres qui donnent, pour chaque critère, les grandes tendances à long terme ainsi que la dynamique à court terme. C’est ainsi que nous sommes arrivés cette année à un total de 52 séries de chiffres, datant de 2010 à juillet 2016.

6. Pourquoi ne pas prendre en compte les départements d’Outre-Mer ?

Notre classement ne porte en effet que sur les 94 départements métropolitains et sur les deux départements corses, faute de statistiques fiables existantes, ce que nous regrettons évidemment.

7. Mon département est (très) mal classé dans la catégorie « qualité de l’eau ». Est-ce dangereux de la boire au robinet ?

La qualité de l’eau de consommation n’est qu’un des cinq chiffres retenus pour établir le classement « qualité de l’eau ». Il s’agit aussi pour nous de donner une idée de l’état sanitaire des cours d’eaux et des eaux souterraines, dont nous prenons en compte respectivement le taux de nitrates et de phosphates. La qualité des eaux de baignade entre également en ligne de compte.
Lorsque l’eau destinée à la consommation humaine, contrôlée en permanence sur l’ensemble du territoire, est considérée comme polluée (par exemple lorsque la quantité de nitrates dépasse les 50mg par litre), elle est traitée ou, le cas échéant, n’est pas distribuée pendant quelques jours, le temps de retrouver un bon état sanitaire.

8. Pourquoi Paris et les départements d’Ile-de-France sont-ils si mal classés ? Les départements urbains sont-ils de facto désavantagés ?

Nous avons à cœur de mettre en valeur les bonnes pratiques écologiques, quel que soit le contexte : rural, urbain ou péri-urbain. Ainsi, les départements très peuplés ont-ils la possibilité de fédérer les citoyens autour de la protection de la biodiversité locale (le Rhône, composé de Lyon et de son agglomération, affiche de très bon résultats dans ce domaine), ou la possibilité de mettre en place des projets de développement durable via l’Agenda 21 en s’appuyant sur les associations de leur territoire. C’est le cas de la Gironde et du Rhône, premiers dans ce critère, ou Nord, troisième.
Cependant, l’Ile-de-France pâtit de la qualité de son air, et Paris comme les départements de petite ceinture ne peuvent, de part leur configuration, afficher de bons résultats en agriculture biologique ou en production d’énergies renouvelables : la place manque pour installer des champs (d’éoliennes) ou des fermes (solaires). Un zéro pointé dans ces critères, et c’est la note générale du département qui chute lourdement. Nous savons que le cas de ces territoires est particulier et c’est pour cette raison que nous avons retiré Paris du classement sur l’agriculture biologique, sa note générale étant désormais divisée par 7 et non par 8.
D’une façon générale, nous cherchons à introduire tous les ans davantage d’équité. Ainsi, nous avons déjà commencé à compenser nos chiffres par le nombre d’habitants de chaque département. Par exemple, lorsque nous rapportons le nombre d’Amap à la population de chaque département ou encore en rapportant les émissions industrielles polluantes et les surfaces cultivées en bio à la superficie de chaque département.

9. Comment se fait-il que l’Ardèche et l’Isère soient moins bien placées que Paris concernant la qualité de l’air ?

Ce classement est établi d’après les émissions industrielles des principaux polluants atmosphériques et d’après les dépassement de seuil de ces polluants dans les grandes agglomérations. Ces derniers chiffres étant mesurés au niveau régional par le réseau Prev’Air, les départements du Rhône-Alpes pâtissent des émissions de la vallée du Rhône, particulièrement de l’agglomération lyonnaise.
Nous prenons également en compte, depuis l’an dernier, les émissions de gaz à effet de serre par les activités agricoles.

10. Comment pouvez-vous trouver plus de biodiversité dans des départements très urbanisés et industrialisés, comme le Rhône, que dans certains départements ruraux ?

Ce classement prend certes en compte la part d’espaces naturels protégés dans la surface du département, qui est faible dans les départements urbanisés. Mais nous intégrons aussi l’évolution des populations d’oiseaux dits « communs » et le nombre moyen de papillons par jardin, témoins d’une biodiversité que l’on peut trouver en environnement urbain.
Surtout, nous donnons la part belle à l’engagement des citoyens dans la protection de la biodiversité, en prenant en compte la participation aux observatoires naturalistes et au programme de science participative du Museum d’Histoire naturelle, Vigie Nature. Dans ce domaine, ce sont souvent les départements urbanisés qui affichent le taux de participation le plus élevé.

11. Comment évaluez-vous la mise en œuvre de l’Agenda 21 ?

Cet outil de gouvernance locale, issu du Sommet de la Terre à Rio en 1992, est de plus en plus utilisé par les collectivités pour mettre en œuvre des projets liés au développement durable pensés pour et avec les citoyens. Comme l’an dernier, nous avons pris en compte le nombre d’Agendas 21 mis en place dans chaque département, compensé par le pourcentage de la population concernée par ces projets. Enfin, comme souvent, nous donnons une prime au dynamisme en considérant l’augmentation du nombre d’Agendas 21 entre fin 2014 et fin 2015.

12. Quid des politiques locales en faveur des transports en commun et du vélo ?

Nous aimerions évidemment donner une idée de la promotion des modes de transports doux dans chaque département. Un point d’autant plus important que la fiscalité écologique sur les transports, notamment à travers le projet avorté d’écotaxe, fait l’objet de vives discussions et contestations Malheureusement, nous ne disposons pas pour le moment d’assez de données nationales départementalisées pour établir cette carte. Nous ne désespérons cependant pas de le faire lors d’une prochaine édition du Palmarès. Affaire à suivre, donc.

13. Comment se fait-il qu’un département urbanisé, la Haute-Garonne, soit en tête en agriculture biologique ?

Comme dans la plupart des critères, nous donnons la priorité au dynamisme du territoire. Avec ses 23.000 hectares bio ou en conversion, la Haute-Garonne est loin derrière son voisin le Gers (60.000 hectares), mais le département l’an dernier a connu une spectaculaire augmentation du nombre de producteurs bio, de près de 27% ! C’est ce vent de conversion, encouragé par les débouchés du bassin de consommation toulousain, qui porte ce département en haut du classement. Même phénomène avec la Loire-Atlantique, notre lauréat de cette année où ce département se hisse à la troisième place de l’agriculture biologique, avec un fort taux de conversion dans le secteur laitier.

14. Pouvez-vous vraiment savoir ce que consomment les habitants de chaque département ? Faut-il obligatoirement faire ses courses au magasin bio pour être écolo ?

Le critère « consommation durable », que nous avons introduit en 2014, met l’accent sur la diversité des circuits courts et/ou responsables. Certes, nous ne disposons pas de données sur l’auto-consommation, alors que nous savons que les salades du jardin sont de loin les meilleures du marché ! Cependant, le nombre de magasins bio et équitables recensés par Le Marché Citoyen et les ventes directes à la ferme identifiées par le mouvement Colibris, même si ces bases de données ne sont pas exhaustives, donnent une idée de l’engouement pour des produits sains et locaux. Nous mettons également en avant le nombre d’Amap et de groupes d’achat du réseau de La Ruche qui Dit Oui, qui témoignent d’un véritable engagement citoyen pour créer de nouveaux circuits courts et solidaires.

15. Les départements bretons sont tous en vert. N’est-ce pas contradictoire avec leur problème de pollution agricole ?

Ces départements, victimes des intrants chimiques de l’agriculture productiviste et intensive, sont tous dans le ventre mou du classement concernant la qualité de l’eau. Le taux de nitrates dans les cours d’eau y atteint des records. Et sans ce gros point noir, il est plus que probable qu’un des départements bretons – comme le Morbihan, 3e – aurait pu accrocher la première place. C’est d’ailleurs aussi un des points faibles de la Loire-Atlantique, notre lauréat 2016.
Car, notre Palmarès montre également une Bretagne férue de circuits courts, qui collecte et traite ses déchets avec soin, qui mise sur les énergies renouvelables, qui accompagne les projets citoyens via l’Agenda 21, et surtout une Bretagne qui se convertit de plus en plus à l’agriculture biologique. C’est cette Bretagne-là que nous voulons mettre en avant et encourager.

16. À quoi est due la coupure Nord/Sud de votre carte ?

Un certain nombre de lecteurs et d’internautes nous demandent des explications sur la coupure Nord/Sud que révèle notre carte du palmarès écologique. En effet, depuis sa création en 2007, notre palmarès montre une France plus verte en dessous d’une diagonale qui va de l’Ouest au Sud-Est (en passant par le Massif Central et le Sud-Ouest) et au contraire, une France en rouge/orange au Nord de cette diagonale (Nord, Bassin parisien, Est). Cette division reflète, sans aucun doute, une coupure plus ancienne entre une France du Sud plus rurale et donc préservée et une France du Nord, plus industrielle et urbanisée. Et c’est justement pour compenser ce déséquilibre à la fois géographique et historique que nous avons introduit, année après année, de nouveaux critères qui, comme l’Agenda 21 ou encore la consommation durable, permettent à des territoires plus urbanisés de montrer leur engagement écologique et donc de mieux tirer leur épingle du jeu.
À ce titre, les trois derniers vainqueurs de notre palmarès – l’Hérault (2014), la Gironde (2015) et la Loire-Atlantique (2016) – traduisent cette évolution. En effet, ce sont trois départements qui conjuguent une agglomération en forte expansion (Montpellier, Bordeaux, Nantes) avec des territoires ruraux qui se tournent de plus en plus vers l’agriculture biologique, les circuits courts et la consommation durable. C’est l’évolution la plus notable de ces dix dernières années.

Sources : AASQA, Irep, ministère de l’Écologie.

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