VAE ou voiture électrique

dimanche 31 mai 2015
par  Maitre de la toile
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Il semble que nos politiques, comme nos lobbyistes, ne voient l’avenir de nos déplacements urbains qu’au travers des voitures électriques. C’est la mode, la tendance qui va bien. C’est à qui installera le plus de bornes à recharge rapide ou ultrarapide, à qui le premier donnera des avantages aux possesseurs de ces merveilleuses machines roulantes. Nous l’avons remarqué lors de diverses participations à des TEPos.

Les voitures électriques sont parées de toutes les qualités : silencieuses, non polluantes, économiques. Haro sur la voiture thermique, bruyante, polluante, et si coûteuse en pétrole qui vient de loin.

Il semble que l’écran de fumée soit bien fait, et le gogo pourrait se laisser prendre facilement. Même l’ADEME y va de son petit coup de pousse. Dans un rapport par ailleurs fort bien fait, mais qui a failli demeurer caché, l’ADEME annonçait que la France pourrait avoir 100 % de son électricité en renouvelable d’ici 2050. Peut être grisés par l’euphorie de cette découverte, les auteurs se sont laissés aller à prévoir 1/3 de voitures électriques en 2050 (10 millions). Heureusement, le marché peine à démarrer. En fait, on pourrait se demander si tout un chacun a un intérêt réel à s’équiper, ou si la voiture électrique ne pourrait être d’un intérêt certain que dans quelques niches.

A moins que nos élus ne fassent le forcing sur la voiture électrique que pour d’obscures raisons éloignées de l’intérêt écologique avancé. La France possède une industrie automobile qui la place à la troisième place européenne, et au 10° rang mondial des constructeurs, juste derrière l’Espagne. Avec la raréfaction du pétrole, aurions nous là une explication de cette obsession ? Cette modernité affichée de la voiture électrique ne serait elle qu’un moyen d’assurer à moindre frais la mutation de l’industrie automobile ?

Cette considération pourrait être aussi couplée au fait que nos centrales nucléaires produisent un courant de plus en plus cher (en général au dessus du prix du marché [1]), est à la nécessité de trouver de nouveaux débouchés. L’ADEME, dans son plaidoyer assez étonnant pour le véhicule électrique, prévoit que les 10 millions de véhicules annoncés consommeront annuellement 16 TWh, soit 3 % de cette énergie. Ajoutons que la production photovoltaïque de 2014 a couvert 1 % de la consommation avec 5,9 TWh.

Les études sur la mobilité en France nous montrent que la moyenne journalière des déplacements est de moins de 24 km. Ceci comprend les déplacements de tous les jours pour le travail, les courses, etc... Un quart des personnes parcourt plus de 45 km par jour, celles vivant notamment dans les territoires ruraux, alors que le quart le moins mobile fait moins de 8 km. [2]

Ce sont ces déplacements urbains ou de proximité, ceux de notre quotidien, qu’il convient d’assurer au mieux. Les Allemands, les Hollandais et plus généralement les habitants du nord de l’Europe l’ont bien compris. Chez eux, les modes de déplacement doux prennent une part de plus en plus importante.

Si l’aspect écologique prime tant que cela, alors pourquoi nos politique, ne s’intéressent ils pas à un autre vecteur de déplacement tout aussi moderne, et contemporain de la voiture : le vélo. En devenant VAE (Vélo à Assistance Électrique), la bicyclette d’antan a bien évolué. Elle constitue un outil de déplacement remarquablement moderne et adapté à notre civilisation urbaine moderne. Seule la version à assistance électrique du vélo sera traitée ici, mais la version classique est écologiquement et économiquement encore plus intéressante. Disons que le VAE possède un plus pour les personnes peu ou pas sportives.

Il est désormais loin le temps où Georges Pompidou expliquait que la ville devait s’adapter à la voiture.

Comparons de manière chiffrée les données de l’un et l’autre tableau 1 :

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Comparaison chiffrée VAE Voiture électrique

En corrélant le besoin en déplacement journalier moyen, et le tableau 1, nous constatons que le vélo électrique (VAE) est un complément merveilleux du vélo classique. En effet, pour une autonomie actuelle inférieure à la voiture électrique, (mais près de 3 fois supérieure au déplacement moyen journalier), il est plus de 14 fois moins cher, 60 fois plus léger , et plus de 50 fois moins gourmand en énergie électrique. Les pays du nord de l’Europe l’ont bien compris. ainsi en 2013 alors que l’on vendait 56 000 VAE en France il s’en vendait 196 000 en Hollande, et 410 00 en Allemagne. Il y a là un potentiel indéniable pour la conversion d’une partie de notre industrie automobile, alors qu’en France nous n’avons que des assembliers, peu ou pas aidés.

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Utilité comparée VAE et Voiture électrique

Effectuons maintenant une comparaison subjective, et cherchons qui de l’un ou de l’autre est sensiblement meilleur dans les domaines et conditions d’utilisation. Le tableau 2 confirme nettement dans la supériorité du VAE. Certes, par temps de pluie, le VAE nécessite un imperméable, mais son coût d’usage, sa rapidité en ville (il se joue des bouchons), sa grande facilité pour le stationnement sont indéniablement supérieurs. Il existe en Hollande, et en Allemagne des parkings, dont la capacité d’accueil est incroyablement plus forte à surface égale que pour l’automobile.

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Parking à vélo

Il permet de faire un peu d’exercice tout en se déplaçant. Un VAE possède plusieurs type d’assistance en général :

  • 0 : aucune pour les costauds ou les oublieux
  • 1 : 50 % de l’effort du cycliste
  • 2 : 100 % de l’effort du cycliste (autant que le cycliste)
  • 3 : 200 % de l’effort (pour les dures montées ou les grosses fatigues) Bien entendu, plus l’assistance est forte plus l’autonomie est faible.

Concernant l’activité physique, il existe un paradoxe moderne illustré par la photo 1.

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Il ne manque plus qu’une voiture électrique garée sur le parking

Pour l’emport, il est évident qu’un VAE, même équipé de sacoches et doté de son solide porte bagage, ou d’un panier sur guidon, ne peut pas rivaliser avec une voiture. Mais, pour les courses de tous les jours, a t-on vraiment besoin d’aller remplir un caddy au supermarché de la zone industrielle ?

Placé sur un créneau de déplacement sensiblement identique à celui de la voiture électrique, le VAE devrait lui tailler des croupières si la logique des choix environnementaux était respectée. Mais la logique des lobbyistes est-elle la logique du commun des mortels ?

La voiture électrique est un engin propre. Voilà une belle affirmation qui pourrait se révéler pas si fondée que cela.

La batterie d’une voiture électrique contient environ 5 kg de lithium. Pour un marché mondial de 60 millions de véhicules électriques (France 10 millions), il faudrait 300 000 tonnes de lithium pour les batteries. Or la production mondiale était de 30 000 tonnes en 2014. Les réserves mondiales sont estimées autour de 13 millions de tonnes, principalement dans des gisements inexploités [3] ou compliqués. La Bolivie, le Chili et l’Argentine détiendraient plus de 60 % des réserves, le Tibet plus de 25 %. Le prix du lithium est passé d’environ 310 €/tonne à 2 000 €/tonne entre 2003 et 2008
. Toute la filière d’approvisionnement est à créer, principalement dans des régions peu stables politiquement. La production du lithium est extrêmement polluante, et nécessite d’énormes quantités d’eau. Or le Lithium est extrait des grands lacs salés asséchés d’altitude dans des zones quasi désertiques et très fragiles. Le développement de la voiture électrique risque donc d’avoir autant d’impacts que l’exploitation des gisements d’énergies fossiles. Mais on nous dit que la science fait d’énormes progrès et que d’ici peu, nous aurons des batteries construites avec d’autres matériaux. Nous rappellerons que la science n’est pas tenue de répondre aux attentes des lobbyistes. Nous l’avons vu, entre autres, avec l’énergie nucléaire. On nous avait promis que d’ici la fin de vie des centrales, grâce aux progrès scientifiques,nous maîtriserions leur déconstruction et le traitement des déchets : Promesse non tenue.

La voiture électrique, lors de son utilisation, n’émet pas de CO2 ! C’est vrai, mais comment est produite l’électricité : actuellement charbon, pétrole, gaz, ou nucléaire ? L’électricité est une énergie secondaire (transformée). En général 70 % de l’énergie primaire est perdue dans cette transformation. Nous déplaçons la pollution du lieu d’utilisation au lieu de production. Certes le VAE a les mêmes inconvénients. Mais 50 vélos polluent moins qu’une voiture... De deux risques choisissons le moindre.

Le VAE est victime d’une autre injustice. En 2014, si vous achetez une voiture électrique, vous bénéficiez de 6300 € d’aide gouvernementale. Cette aide peut être portée à 10 000 € si vous remplacez votre vieux diesel. Notons que le VAE n’a droit à aucune aide. Pourtant avec 6300 €, vous avez gratuitement plus de 3 VAE, à 10 000 c’est 5 VAE gratuits.

En conclusion, le VAE (Vélo à Assistance Électrique), semble une solution bien meilleure dans la plupart des cas que la voiture électrique, il est moins cher, plus efficace, et pas plus que la voiture électrique, il ne sauvera l’industrie automobile ou les centrales nucléaires. La voiture électrique pourrait être une vraie fausse solution pour sauver le monde et en particulier celui de la construction automobile. Par contre la même assistance proportionnée à la production Française de vélo pourrait être utile.

Parfois, il vaudrait mieux de ne surtout pas cherchez à comprendre...


[2Rapport Duron Mobilité 21 ’ Pour un schéma national de mobilité durable ’


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