OGM : échec ! Les insectes adorent le maïs Bt.

mardi 13 septembre 2011
par  Yan lou Pec
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Tom Philpott :http://motherjones.com/tom-philpott/2011/09/monsanto-superinsects-eating-your-corn-diversify

Traduction : Amis de la Terre

Hier j’ai montré que le formidable Empire de Monsanto, le maïs Bt qui représente 65% du maïs cultivé aux Etats-Unis est sur le point d’être mis à genoux par une petite bête, la chrysomèle des racines.

Que faire ?

Une des attitudes est bien sûr celle que Monsanto a eu face à d’autres problèmes comme l’expansion des résistances à son produit phare, l’herbicide Roundup. Bill Freese, analyste en politique scientifique pour le Food Safety Center, note que – comme pour les chrysomèles tolérantes au Bt aujourd’hui – de super-mauvaises herbes tolérantes au Roundup apparurent d’abord dans des champs isolés au début des années 2000. La première réaction de Monsanto fut alors de nier l’existence de tout problème. Pourtant, la résistance au Roundup a rapidement explosé et aujourd’hui, ce sont plus de 7,2 millions d’hectares qui sont touchés au niveau national et la surface ne fait qu’augmenter.

Aujourd’hui, Monsanto daigne reconnaître qu’il y a un problème, mais prétend avoir la solution : la firme va mettre au point des plantes qui peuvent tolérer plusieurs herbicides plus puissants. En fait, la stratégie de Monsanto semble être « ignorer le problème, le laisser échapper à tout contrôle et continuer le cercle vicieux avec de nouvelles technologies aussi profitables que douteuses ».

C’est ce qui se met en place avec le problème des super-insectes. Le Wall Street Journal rapportait que Monsanto développe une nouvelle technologie génétique appelée l’interférence ARN, afin de « notamment, rendre les plantes mortelles pour les insectes qui les mangent ». Ce qui veut dire en clair « Oubliez l’échec de nos technologies actuelles et admirez cette merveilleuse technologie qui pointe à l’horizon ».

Un champ de maïs dans l'Iowa : un excellent habitat pour la chrysomèle Rastoney/Flickr

Dans un blog récent, Doug Gurian-Sherman, un des principaux scientifiques de l’Union of Concerned Scientists, prévenait qu’il faudra « au moins, des années » avant que cette nouvelle technologie ne soit mise à disposition des agriculteurs. De plus, « il n’y a aucune raison de penser que « l’interférence ARN » n’ait pas à faire face aux mêmes problèmes de résistances ». Pendant ce temps, les agriculteurs se débrouilleront et s’efforceront de contrôler la chrysomèle tolérante au Bt, en épandant des produits toxiques. Comme ils épandent déjà des cocktails de plus en plus toxiques d’herbicides pour essayer de tuer les mauvaises herbes tolérantes au Roundup. Qui plus est, il va être difficile dans un avenir proche, de sevrer les agriculteurs du maïs Bt de Monsanto, car la multinationale domine tellement le marché qu’il est difficile de trouver des semences non-Bt. Bill Freese du Center for Food Security rappelle les recherches de Michael Gray de l’Université de l’Illinois qui montrent qu’en Illinois, le pays du maïs, 40% des agriculteurs n’ont plus aucun accès à des semences de qualité qui ne soient pas des semences Bt.

Pour Gurian-Sherman, un moyen sûr et efficace de résoudre le problème – au lieu de se débrouiller avec la situation actuelle et d’attendre que Monsanto sorte son prochain super-produit – consiste à retourner à la rotation des cultures, sans se limiter au maïs et au soja, mais en utilisant d’autres plantes. La chrysomèle menace les cultures industrielles parce que les cultures industrielles se concentrent aussi intensément sur le maïs, en couvrant des millions d’hectares qui offrent à cet insecte une immense zone d’habitat. Pour Gurian-Sherman, « la chrysomèle n’est pas vraiment un problème si une rotation intelligente des cultures est mise en place ».

Il ajoute : « De longues rotations – c’est-à-dire employant plus que maïs et soja – font plus que réduire les ravages de la chrysomèle. Elles réduisent aussi grandement les problèmes liés à d’autres ravageurs que ce soient des insectes, des maladies, des adventices et permettent ainsi de réduire également les volumes de pesticides utilisés. Les rotations longues de cultures améliorent aussi la fertilité du sol, réduisent l’emploi d’engrais, les coûts et la pollution. Elles peuvent aussi produire autant que cet actuel objet obsessionnel qu’est le maïs ».

Mais comme le fait remarquer Gurian-Sherman, pour pouvoir détacher les agriculteurs de leur obsession pour le maïs, il faut d’abord changer les politiques fédérales en matière d’agriculture et d’énergie (éthanol de maïs). Avant que cela n’arrive, Monsanto malgré sa longue histoire d’échecs technologiques, de fraudes et de dénis, est prêt à continuer de dominer notre agriculture et d’engranger les profits.


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