Tosse le Golf regrossit

dimanche 14 septembre 2014
par  Maitre de la toile
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 Ce que nous savons

Dans la plus grande opacité, le projet de golf de Tosse poursuit son aventureux développement de GPI2 (Grand Projet Inutile et Imposé). Peut-on parler de rêve de politique, ou de besoin local ? Un appel d’offre pour définir les trois golfs contigus de Tosse vient d’être lancé par le Conseil Général [1] (2 fois 18 trous, plus un 9 trous), soit un énorme golf de 45 trous. La France ne possède actuellement que 3 de ces golfs géants : le Golf National, le Golf du Touquet et le Golf International Barrière de la Baule. Dans les Landes, on ne se mouche pas avec les doigts.

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Appel d’offre pour définir le golf de la démesure

La transparence est ici bien entendu très virtuelle, comme souvent dans les fins de règnes. Le grand leader maximo, l’Élu, fait pour le bien du peuple. Le peuple, cet immature continuel, ne comprend pas toujours où est son intérêt, il est donc inutile de perdre son temps en de vaines explications.

En effet, comment faire comprendre au contribuable de base l’intérêt qu’il aura à financer un ensemble golfique de 45 trous, pour la modique somme de 15 000 000 d’€, sans compter les habituels dépassements et autres rallonges ? Pour tout un chacun que représente 15 millions d’ € ? En crèches, cela fait plus de 18 crèches de 50 places, mais les Landes sont un pays de vieux. Alors calculons en maison de retraite : cela nous fait une maison de retraite (Jurançon 84 lits 18,5M d’€). Quoiqu’à la rentrée dernière, il semblerait qu’il y ait eu quelques petits problèmes de surpopulation dans les lycées landais. Avec 15 M d’€ tu n’as plus rien, à peine un demi lycée de 850 élèves HQE (Haute Qualité Environnementale), mais là c’est la région qui finance.

Comment expliquer au contribuable de base que les Landes sont un poil suréquipées en golf ? Le golf de 9 trous étant l’unité de compte. En matière de golf et d’équipements golfiques, les Landes font partie des 8 départements les mieux équipés, avec un ratio de 23 000 habitants par 9 trous (de golf). Ces 8 départements sont entre 0 et 30 000 hab/9 trous. La France, c’est plus de 60 000 habitants par 9 trous, soit 3 fois plus. Comme par un fait exprès, la population de MACS comporte 60 000 habitants. Ce qui nous donne avec les 72 tous disponibles de MACS une moyenne de 7 500 habitants par 9 trous. L’habitant de MACS est gâté, il a dix fois la disponibilité moyenne française en matière de golf. A proximité de ce projet géant de 45 trous, il existe déjà 2 golfs de 18 trous à moins de 10 km, un de 9 trous à moins de 15, et un de 27 trous à moins de 20 km. Il serait étonnant que le tourisme déclinant permette d’améliorer la fréquentation de certains de ces golfs en difficulté. Le département est plutôt âgé, mais au demeurant relativement sportif, si l’on en croit l’Insee. L’effectif disponible pour venir au golf semble en conséquence plus restreint qu’en France. Avec 103 pratiquants pour 10 000 habitants, le département est déjà très au dessus de la moyenne nationale qui ne comporte que 62 joueurs de golfs pour 10 000 habitants. Presque le double, la marge de progression semble très faible.

Si nous détaillons le nombre de licenciés par golf dans les Landes, nous observons des choses intéressantes. Du rapport del’AG 2014 du golf Landais, nous tirons le tableau suivant :

Si le taux d’utilisation du golf est proportionnel au nombre de licenciés, ce qui serait normal, alors certains golfs doivent avoir de sérieux problèmes d’effectif. Le golf le plus attractif est sans contexte l’ancêtre, le 18 trous d’Hossegor : 24% (1/4 des licenciés landais). Suivi du 18 trous de Mont de Marsan en périphérie d’une petite agglomération de 60 000 habitants. Pour la même population, sur une surface plus grande, la Macs comporte un 27 trous avec 13% des licences landaises. Seignosse, le golf 18 trous le plus proche de Tosse, ne comporte que 7% des licenciés landais, alors que Soustons à peine plus loin fait légèrement mieux avec 8% pour seulement 9 trous. Pire, à l’autre bout de MACS, le 27 trous de Moliets n’attire que 13% des licenciés. Biscarosse, l’autre 27 trous du département, ne comprend que 8% des licenciés. Gageons que quelques uns des licenciés sont des résidents secondaires du moins pour la zone côtière. MACS à elle seule comprend 50% des trous, 53% des licenciés, pour 15% de la population landaise. Que les ordres de grandeurs sont durs aux politiques...

Certains nous dirons :" le golf c’est le tourisme". Nous n’en doutons pas, mais toujours selon la Fédération 51% des parcours se situent dans 6 régions touristiques (Ile de France, Rhône Alpes, PACA, Aquitaine, Midi Pyrénées, et Bretagne). Toujours selon une autre source de la fédération le tourisme représente 13% du CA du golf en France. De plus, la fédération estime l’ensemble des golfs sous-employés. Il est évident que si nous nous en tenons aux chiffres de la haute saison (1° aout, 15 aout), les choses peuvent être vues autrement. Est-il nécessaire de construire de nouveaux golfs pour une utilisation si restreinte dans le temps ?

Il semble donc difficile de faire comprendre au bouseux de base, faible de la comprenette par définition, que l’on passe, avec son argent bien sûr, de 72 à 117 trous dans cette communauté de communes. Argent qui a aussi été utilisé pour une autre réalisation proche : Atlantisud, cette zone d’activité désespérément vide, avec sa pépinière si peu efficace. Le rêve de nos politiques n’est décidément pas récompensé.

Bien entendu, nos politiques nous parleront d’emploi. Il est vrai que par les temps qui courent, c’est une chose à ne pas négliger. Toutefois, l’ordre de grandeur de la réalité est parfois cruelle au rêveur ou au bonimenteur. Si nous consultons les données de la fédération française de golf [2], les chiffres sont clairs : le golf français génère 13 000 emplois dont 70% en CDI. Moins de 8 000 de ces emplois sont directement liés à l’exploitation des parcours, le reste dans les indirects (restauration, magasin, commercialisation, formation...). Avec 720 structures de golf en France, dont 583 grands golfs de 9 trous ou plus, cela nous donne environ 13 à 16 CDI par golf (emplois directs et indirects compris). Toutefois, cette moyenne comprend des petits golfs (72) aux grands golfs (9 à 18 trous voir 45 pour les 3 plus grands). Un calcul par trou donnera une évaluation plus importante pour les très grands golfs, mais ne tient pas compte de l’effet de concentration. Ce nombre sera surévalué. Avec cette dernière méthode, nous obtenons 39 emplois CDI. La structure des golfs de Tosse donnerait entre 16 et 39 emplois CDI au plus, pour 15 millions d’ € minimum d’investissement.. Ces chiffres sont confirmés dans leur ordre de grandeur par la fédération de golf. Nous sommes donc à des années lumières des promesses entendues (1 000 emplois réduits à 250).

A moins qu’il y ait une réalisation immobilière de très haut de gamme qui se cache derrière l’aspect sportif, comme c’est très souvent le cas quand on parle golf.

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Appel d’offre en vue de l’urbanisation du golf de Tosse

Notons au passage que si nous avons quelques maigres informations sur l’appel d’offre concernant le golf, nous n’avons strictement rien sur le côté urbanisation, qui pourtant est le cœur du projet. Un article de Sud Ouest nous indique : "Coût estimé du projet : 70 millions d’euros hors taxes. 35 millions d’euros pour le golf et ses équipements, 27 millions pour la résidence hôtelière et les logements, dont de l’habitat social, et 8 millions pour les voies de desserte".

Si nous en croyons Sud Ouest : " Pour attirer la clientèle internationale, le complexe comprendra donc un hôtel 4 étoiles sur 4 ha, une résidence de tourisme 3 étoiles sur 9 ha, « une centaine de villas bord de golf et du résidentiel haut de gamme » sur 12 ha ".

A nous les oligarques Russes, les potentats chinois, les émirs du golfe, et autres producteurs sud Américains. A nous les bienfaiteurs de la finances et de la grande banque.

Dans une communauté des communes, qui, comme le département, comporte plus 70% de la population éligible à l’une des formes du logement social, c’est disons un peu anachronique, voir osé, pour ne pas dire choquant. Mais l’objectif principal semble bien être celui là, puisque le département finance aussi cet appel d’offre urbanistique. Il semblerait selon l’article de Sud Ouest précité qu’il soit prévu "un nouveau quartier d’habitation, sur 30 ha, qui fera la jonction entre le nord du bourg et le sud du golf. Avec des parcelles de 300 à 400 mètres carré". Rien n’est précisé sur le type de population attendue. Si cette dernière réalisation est destinée au logement social, nous ne pouvons qu’approuver. Mais cette réalisation (en logement social mixte) peut se faire indépendament du GPI2. En aucun cas, elle ne doit servir de prétexte au reste.

Il semblerait même que des agents de Bouygues chercheraient à négocier des terrains. Propriétaires, surtout ne signez rien ! N’aidez pas le copinage.

Pour ce qui est du logement social, on nous pourrait nous prendre pour des demeurés. On va faire du logement social au milieu d’un complexe haut de gamme. Le lecteur remarquera également l’écart entre le budget annoncé dans le cahier des charges de l’appel d’offre, et l’annonce de Sud Ouest. Nous passons de 15 millions, à 35 millions avec équipements, mais toujours avec l’argent des contribuables. Dans contribuables, il y a aussi tribuables.

Nous ne doutons pas un seul instant que les services publics du département nous communiquerons les divers cahiers des charges sans même que nous les demandions. La transparence étant une volonté indéfectible du conseil général et de la MACS. On attend, mais il y a longtemps que nous ne rêvons plus...

  La politique de la fédération Française de golf

Dès 2000, la fédération française de golf a pris conscience que le développement du nombre de licenciés et de pratiquants occasionnels passait par un changement drastique de politique.Les grands golfs classiques marquaient le pas, certains n’étaient pas rentables. Il fallait créer des golfs facile d’accès, vite jouables, et proches des zones de vie. La ffgolf a défini un plan pluriannuel (2010-2018) de développement de nouveaux types de golf : les pitch & putt, et les compacts (les 100 petites structures). Ces golfs, en général de 9 trous, sont plus petits mais doivent se situer en périphérie de ville, dans des zones industrielles désaffectées par exemple. Leur réalisation, leur entretien beaucoup moins onéreux permettent un accès plus vaste car plus à la portée des gens. L’objectif de ce schéma directeur est de toucher une population moins aisée, mais dont la taille est largement supérieure à celle des golfeurs habituels. Ce réservoir permettrait d’atteindre l’objectif des 500 000 licenciés. Pour la fédération, l’heure n’est plus à la mégalomanie, à l’élitisme financier, mais à la réalité, à l’adaptation intelligente.

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100 petites structures

Il est curieux de constater que dans un département de gauche (aile gauche du PS), ce sont les élus qui font dans le luxe, le bling bling, avec l’argent des concitoyens, et la fédération de golf, qui cherche à se démocratiser et à venir vers les classes inférieures. Paradoxe étonnant qui montre peut être une nécessité de mise à la retraite bien méritée de certains élus...

 La Ryder Cup

Nos élus ne cessent de répéter que l’obtention de la Ryder Cup est la conséquence du projet de Tosse. Il est vrai que leur discours a évolué. La Ryder cup devait se faire pour partie à Tosse, puis c’est le projet qui a pesé sur la décision. Bien entendu, il n’en ait rien. La Fédération ne site jamais ce projet de Tosse, pas plus que d’autres projets aussi insensés, dans le compte rendu de décision. Par contre, elle indique clairement que ce sont ses efforts en direction de la création de petites structures moins chères à entretenir et à jouer qui ont fait la décision. Seuls ces petits golfs compacts permettent d’accroitre le nombre de pratiquants en touchant une population plus modeste, mais plus nombreuse.

Mais en matière de manipulation nous vieux féodaux ont des habitudes.

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La Ryder Cup en France les raisons de l’obtention

 Conclusion

Encore une fois, nos politiques vont contre le cours de l’histoire. Le toujours plus grand, le toujours plus gros, n’a plus cours dans une société en pleine mutation avec la crise énergétique et la crise environnementale liée. Il serait peut être temps que tout ce petit monde se réveille, citoyens responsables compris.


[1Syndicat Mixte Landes Oceanes, 23 rue Victor Hugo, F-40025 Mont-de-Marsan Cedex. Tél. : (+33) 5 58 05 42 11. Fax : (+33) 5 58 05 41 86


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