Réunion Sud Ouest sur le trait de côte

vendredi 27 juin 2014
par  Maitre de la toile
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Réunion Sud Ouest sur le trait de côte 25/06/14 à Moliets et Mâa

Réunion d’information très technique, très intéressante lors de cette matinée de Moliets. Mais, hélas, le débat n’a pas eu lieu. Simplement deux questions posées par manque de temps. De nombreux intervenants de haute qualité à part peut être le représentant politique, qui nous a montré une belle langue de bois matinée de démagogie.

Évacuons tout d’abord le côté politique qui a bien pollué la qualité de l’information. Nous y avons appris que la Miaca avait fait un travail remarquable de protection du littoral, en symbiose avec les élus. Vulgairement, on appelle ça du ’ foutage de gueule ’, sociologiquement, nous sommes au delà de la posture du geai qui se pare des plumes du paon. Il suffit de consulter quelques pages du site des Amis de la Terre :

Côte landaise et Loi Littoral : merci qui ?

Renaud Lagrave : entre mur du çon et Mur de l’Atlantique ?

En ce qui concerne l’affirmation toute aussi indécente que nos bons politiques landais sont respectueux et soucieux de l’environnement, il suffit de consulter la rubrique dédiée au juriste sur ce même site pour se faire une idée du travail bénévole et incessant de ce trublion, qui ne fait que faire appliquer la loi littoral pour l’essentiel de son œuvre :

Juridique JP Dufau

L’objectif indiqué d’entrée de jeu par le journaliste visait l’industrie du tourisme. Tout semblait axé sur cette industrie, sans jamais vraiment développer le sujet. Or la seule question importante et préliminaire n’a jamais été abordé : celle de l’évolution des flux touristiques.

Le représentant politique en réponse à la question a simplement indiqué que le tourisme était un fait immuable, que la pression immobilière sur la côte était constante. Il a donc sciemment mélangé le tourisme et la pression exercée par les retraités aisés sur le domaine côtier (pas forcément illégitime). Le foncier y devient hors de porté des jeunes salariés, dans un département où 70 à 75 % de la population est éligible au logement social, zone côtière comprise. La tendance à l’arrivée massive des retraités plutôt haut de gamme génère une homogénéité de population qui peut présenter une entrave à l’évolution naturelle de la zone. Non pas que les retraités soient à rejeter, mais une population trop homogène est un facteur normal de dégénérescence sociale. En excluant la diversité, on exclut l’évolution. Par exemple, un retraité recherche le calme, donc fuit l’industrialisation, le tourisme trop bruyant, incite au développement de structures qui lui sont profitables. Ceci n’est pas toujours mauvais. Des retraités aisés peuvent rechercher une nourriture de qualité, un environnement agréable, des petits commerces de centre ville... En ce qui concerne l’autre volet, celui du tourisme, la crise énergétique, qui a débuté pour une longue période, oblige à supposer que le chômage de masse présente toutes les caractéristiques d’une croissance continue pendant de nombreuses années. Il est donc important de se soucier de l’évolution des flux touristiques, avant de prévoir des relocalisations d’infrastructures dédiées. Le monde évolue, pas les idées des 30 glorieuses.

A part cela, nous l’avons dit, une mine d’informations. Ceci confirmant les prévisions et tendances du document du GIEC Aquitain commandé par le conseil régional. En dehors des errements de nos politiques, les institutionnels présents semblent pousser dans le bon sens. Ils sont convaincus que l’on doit au mieux accompagner les choses dans leur évolution, l’érosion est un fait, il est inutile de lutter contre. Une remarque intéressante parmi d’autres. Un représentant de la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer), qui s’exprimait en son nom, nous a indiqué que le propriétaire de l’hôtel de Lacanau, situé sur la dune, avait réalisé des travaux de rénovation nécessaires en toute connaissance de cause. Il avait pris un risque qui peut se résumer ainsi : "Je prends le risque de vendre un point de vue sur l’océan, en espérant que je puisse le faire suffisamment longtemps pour rentabiliser".

Le bureau d’étude EGIS était bien entendu de la partie. Ce bureau d’étude, toujours dans les bons coups ; nous avions même cru un temps qu’il était filiale de RFF, et non c’est de la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) dont le président du conseil de surveillance n’est autre que le président du conseil général des Landes. Nous avons eu droit à deux perles de sa représentante. Vous pouvez rajouter deux définitions à vos éléments de langage : Vous êtes priés de ne plus parler de relocalisation, c’est un vilain mot (dixit), parlons plutôt de résilience locale. Mais le plus beau, c’est le terme de Captif économique, qui désigne le vacancier pauvre qui fréquente les campings de bas de gamme. Mis à part ces petits détails révélateurs, la représentante d’EGIS nous a expliqué le protocole Resilis, constitué de trois étapes, mis en place par ce BE et en évaluation sur la commune de Hyères.

  • Résilience du projet technique
  • Résilience organisationnelle
  • Résilience Culturelle Ce projet permet aux populations et aux élus d’évaluer et de réagir face aux risques, mais surtout aux aléas imprévus liés à ces risques.

Nous avons également appris que les tempêtes avaient découvert des sacs de plastiques à l’embouchure du courant d’Huchet, transformant la plage en une espèce de décharge. On ne connaît pas l’origine de ces produits, on les suppose là depuis les années cinquante. Il pourrait s’agir d’une tentative d’aménagement de l’embouchure vagabonde de ce courant. Il est intéressant de percevoir l’évanescence de la mémoire humaine face aux aléas climatiques. Des analyses sont en cours qui permettront la définition d’une stratégie d’enlèvement sécurisée.

Le GIP Littoral (5 personnes employées) nous a expliqué le groupe de concertation de Lacanau. La procédure consiste à mettre en œuvre un groupe de réflexion comportant tous les volontaires qui se sont proposés. Ce groupe devra faire des propositions aux collectivités locales concernant le problème de cette station balnéaire.

Les représentants du BRGM, comme de l’ONF, ont été remarquables, sachant dire "on ne sait pas" quand ils n’avaient pas de réponse (ah si les politiques pouvaient...). La série de tempêtes de cet hiver, a évacué beaucoup de sable dont on ignore ce qu’il est devenu. Le processus de réalimentation printanier est plus faible qu’habituellement et retardé.

Côté finances, le bât blesse. D’une part, entre Sud Ouest et le représentant politique, on a un écart de 40 % sur les retombées du tourisme. Nous laissons deviner qui donne l’estimation la plus élevée. C’est autour de 1 milliard d’€ que se positionne le chiffre d’affaires du tourisme. Mais du côté dépenses, c’est la sombritude, car les ressources sont de plus en plus rares, et difficiles à obtenir, et la réforme des collectivités locales n’arrangerait pas les choses.


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