Ressources, énergies, et printemps arabe

dimanche 22 septembre 2013
par  Maitre de la toile
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  D’avant hier à aujourd’hui

On ne compte plus l’âge de la terre. Que dire de l’apparition de l’homme il y a quelques heures, ni de sa civilisation actuelle qui n’a que quelques secondes. Le temps passe si vite... Et pourtant, dans cette dernière période de temps très brève, l’homme aura utilisé ce que la terre avait mis un temps incommensurable à faire. Plusieurs millions d’années ont été nécessaires pour créer les ressources que nous allons réussir à épuiser en deux siècles (moitié du -XIX°- moitié du -XXI°- siècle). Voir notre document : ’l’introduction à la transition énergétique ’ [1]. Journalistes et politiques nous parlent peu de la transition énergétique, les termes choisis pour exprimer cette transition laissant penser que nous allons passer d’un bouquet d’énergie à un autre. Alors que nous aurons une forte baisse de l’énergie disponible en plus de la modification de ce bouquet.

Nous sommes en train de reproduire ce que les Pascouans (Habitants de l’île de Pâques) ont fait avant nous. Toutefois, ils ont été meilleurs que nous car ils ont réussi l’exploit sans dépasser l’âge de la pierre.


l’évolution se résume à quoi

Le scientifique a tendance à mettre des chiffres un peu partout et expliquer les phénomènes par des contraintes. Sans aller aussi loin, quelques schémas peuvent éclairer le propos sans noyer le lecteur dans des chiffres compliqués.

Dès la préhistoire, l’homme a, comme tous les animaux, prélevé dans la nature ce dont il avait besoin. Progressivement, son travail de cueilleur chasseur a évolué. Il a appris qu’il pouvait cultiver plantes et arbres, élever les animaux qu’il consommait. Il pouvait utiliser certains produits (fibres), ou sous-produits (peaux, et tendons) pour améliorer son efficacité. Le silex, puis le bronze et le fer, permettent une découpe plus facile. La maîtrise du feu lui a ouvert quelques horizons. Progressivement, son activité s’est transformée. Une partie de plus en plus importante a été orientée vers la transformation des ressources disponibles. En évoluant, l’humain se spécialise. Peu à peu, la production de nourriture n’est plus l’occupation principale de tous. Les artisans, les guerriers, les médecins, les comédiens, les prêtres… sont progressivement apparus.

Avec son évolution, et jusqu’à l’apparition de la société industrielle, le travail de l’homme est devenu une activité de transformation. Il prélève dans la nature des ressources, il les transforme pour obtenir des produits finis. Le tout lui permet de survivre mieux. Ces produits sont plus ou moins périssables comme la nourriture (viandes, poissons, plantes, conservations alimentaires…) ou plus durables (abris, matériels divers, objets de croyances ou de loisirs, d’esthétisme...). Nous pouvons assimiler ce qui est durable au capital. Le capital devient la valeur ajoutée aux ressources naturelles après transformation pour les productions pérennes.

Le ratio ’prélèvement effectué/reste à prendre’ étant marginal, la ressource peut être considérée comme infinie. Elle est inépuisable, qu’elle soit renouvelable ou finie. La gestion du stock est sans importance puisqu’il en reste toujours en grande quantité. Les romains ont épuisé des mines, mais il suffisait d’aller un peu plus loin ou plus profond, la fin ne venait pas.

Jusqu’au -XIX-° siècle, l’homme a surtout utilisé des ressources renouvelables essentiellement pour son énergie, et l’agriculture. Le vent, la photosynthèse, le courant de l’eau, le bois, constituaient ses principales utilisations. Pour le reste, un peu d’extraction et de transformation de cuivre, de fer, d’étain, de tourbe, de pierres...


L’entreprise produit des biens


Par extension, l’entreprise a été perçue comme une boite noire. A l’entrée, le capital qui permet d’investir, d’acheter les matières premières, de payer le travail. Le capital se rémunère sur les biens produits lors de la vente. Pour assurer la production, l’entreprise utilise l’autre ressource : le travail. Le travail est assuré par l’ensemble des employés du PDG au simple opérateur. En sortie, les biens produits représentent une valeur ajoutée aux produits entrés. Elle est partagée entre le capital et le travail. Une autre part de la valeur ajoutée créée par l’entreprise est prélevée par la société civile. Cette dernière partie est mutualisée pour permettre la vie sociale (infrastructures, santé, éducation, retraites, solidarité, recherche...). Le partage de la richesse créée est une source perpétuelle de conflits plus ou moins larvés, plus ou moins forts.

Cette conception issue des premiers ateliers d’artisans a été étendue aux premières usines de l’ère industrielle. La valeur ajoutée est partagée entre les deux acteurs de la production : (le capital, le travail), et la société des humains. Le capital est constitué par l’ensemble des richesses non humaines concourant à la production (les moyens de production) et leurs détenteurs sont les actionnaires. Le travail est apporté par les acteurs humains de la production (les salariés). La ligne du partage oscille suivant la conjoncture. Lorsque le travail est rare, la capital est avantagé, lorsque le travailleur est rare, le travailleur est avantagé. Le système est contraint par ces deux forces antagonistes, éventuellement arbitrées, par la société civile.

S’il veut se faire ré-élire, le politique doit permettre de développer le travail. La solution est simple. En facilitant l’action du capital, on permet l’investissement, et donc le travail. Pour cela, il suffit de baisser les charges, bonifier les prêts des emprunts... Pour faciliter le travail, on facilite la formation, et le recyclage des salariés, la réduction du temps de travail. Depuis plus de 30 ans, le chômage continue de monter, le pouvoir d’achat baisse, les salariés qui représentent la grande part des humains consomment moins. Le modèle serait il devenu déficient ?

  Le stock s’épuise


Histoire de stock

Dans ce modèle, l’énergie, et les ressources naturelles sont gratuites. Il suffit de les prendre. Leur coût réside essentiellement dans l’extraction, la transformation, et le transport. Bien entendu, il y a toujours eu quelques malins pour s’approprier ce que la terre dans son évolution mettait gratuitement à notre disposition. Le droit de propriété peut passer par d’étranges conceptions.

Certains penseurs ont attiré l’attention de leurs concitoyens sur l’erreur manifeste que pourrait avoir le modèle utilisé dans un monde fini. Nous citerons Ellul, et Charbonneau les deux chantres de la décroissance Française. Nous goûtons particulièrement : ’Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste’. Cette sentence, rédigée en 1956, est d’un économiste américain Kenneth Boulding. Un autre scientifique américain Marion King Hubbert [2] (géophysicien), élabora dès 1940 un modèle pour estimer la fin du pétrole aux USA. Il le présenta en 1956 devant les pétroliers américains. Il prévoyait le début de la baisse de l’extraction en 1970. Certains ont dû bien rigoler. On ressortit ce modèle en 1971. 1971 fut la première année où la production américaine fut inférieure à celle de l’année précédente. Combien d’autres tout aussi marginalisés, nous ont invité à la réflexion ?

Le modèle de Hubbert est utilisable pour mesurer la fin de toutes les ressources finies. Dans un premier temps, l’extraction d’une ressource finie suit les besoins. Si les besoins sont croissants, la production est croissante. La loi s’applique partout. Lorsque l’on a extrait à peu près la moitié de la ressource, alors la production passe par un pic [3]. Le pic de Hubbert passé, la production deviendra décroissante, jusqu’à épuisement complet si nécessaire. Elle ne peut plus suivre la demande de consommation. La production devient contrainte. Bien entendu pour certaines ressources comme le silex, nous ne devrions pas voir le Pic de Hubbert de si tôt. Mais pour le cuivre, le pétrole, le gaz, l’uranium, ou les métaux et terres rares, c’est imminent ou déjà passé....

En conséquence, il existe une fin des stocks pour les ressources naturelles non-renouvelables. Mais il en est de même pour les ressources renouvelables. Essayez d’aller chasser, en toute liberté, un aurochs en forêt de Fontainebleau, un ours dans les Pyrénées, d’envoyer un chalutier pécher quelques morues, thons, ou anchois. Si le prélèvement de la ressource renouvelable est notablement supérieur à sa reproduction, alors le stock s’épuise.


Une nouvelle perception de l’entreprise ?


La raréfaction de l’énergie, la disparition du stock renouvelable ou fini, présente d’ores et déjà un impact sur le fonctionnement de l’entreprise. Certains auteurs, comme Jancovici, présentent un autre schéma pour décrire l’entreprise. L’entreprise redevient un lieu de transformation. Elle transforme des ressources naturelles en bien profitables pour l’homme.

A l’entrée de l’entreprise, deux entités : les ressources naturelles et le travail. En sortie : les biens produits. L’entreprise redevient une valorisation des ressources naturelles via le travail, vue au début de l’évolution humaine. Le capital n’est qu’une boucle interne lié à l’entreprise. Il se valorise par une partie de la variation de la valeur ajoutée du flux de production.

Tout ce qui entre dans l’entreprise est en fait essentiellement des ressources naturelles. Par transformations successives, le cuivre, le fer, le pétrole, la silice, les terres rares deviennent un smartphone. Il en est de même pour la quasi totalité de l’énergie.

Mais, dans ce nouveau modèle, le concept ’Travail’ est radicalement différent. Le travail n’est plus formulé en humain (travailleur ou salarié), mais en énergie dépensée pour faire la transformation des ressources naturelles. Le travail est constitué par sa donnée physique. Notons qu’en moyenne, dans une entreprise, lorsque les salariés apportent un travail de 1 unité, le travail généré par l’énergie (en général électrique) est de 200. Ce chiffre varie bien sûr avec le type d’entreprise. Nous voyons immédiatement que le curseur travail glisse rapidement vers l’énergie non humaine.

Nous touchons ici ce qui pourrait être le problème de notre société actuelle, ce qui risque de créer sa fin. La contrainte n’est plus sur le travail/chômage, ni sur le capital. La contrainte vient sur l’énergie autrefois bon marché et accessible, et sur les ressources naturelles dans leur ensemble (dont l’énergie fait partie).

Prenons un exemple maritime. On dit que 1 kg de poisson pêché en mer, c’est de 1 à 3 litres (kg) de pétrole consommé. Vous désirez créer une société qui va pêcher le thon. Le capital de votre société est constitué par le dernier modèle de thonier senneur que vous venez d’acquérir. Il est parfaitement équipé. Vous avez eu des aides européennes et françaises dans le cadre du soutien à l’activité de la construction navale, ou des industries de la pêche. En échange, vous avez embauché des marins bien formés dans le cadre de la lutte contre le chômage. Le cours du thon est très bon, l’avenir semble profitable, le politique peut parler de croissance retrouvé dans la pêche.

Hélas, lors de la première campagne, le thon se fait rare. Vous avez beau avoir le top du top technologique, rien ne vous échappe, mais le thon n’est pas là. Vous venez de toucher la première limite. La ressource renouvelable le demeure tant que le prélèvement est compatible avec le renouvellement. L’année suivante, votre équipage embauché, vous êtes touché par une restriction de gazole. Votre thonier bien que récent consomme beaucoup, avec sa motorisation de 4 000 cv. Vous venez de toucher du doigt le deuxième problème : celui de la fin de l’énergie pas chère, et abondante. Votre bateau reste à quai par manque d’énergie qui est contingentée ou trop chère. Quel que soit le cours du thon, si la mer n’en contient pas assez, ou si vous n’avez pas d’énergie (gazole), vous ne produisez pas. Le capital, comme les employés, ne vous sont plus d’aucune utilité. Voilà peut être le nouveau paradigme de la production.


L’énergie premier point de contrainte ?

Si nous examinons l’évolution comparée du PIB mondial et de la production de pétrole, nous observons des tendances qui pourraient être révélatrices du futur. Il semblerait que la baisse de production de pétrole entraîne la baisse du PIB mondial avec un effet retard de 1 à 3 ans. Il en est de même pour la remontée. Cela confirmerait les hypothèses de certains chercheurs qui expliquent que la production est liée à l’énergie de manière importante, et non plus aux paramètres du vieux modèle Capital/travail, qui fait de la consommation le moteur de la croissance. Si l’énergie se raréfie, alors le PIB s’effondre, et adieu la croissance.



Les statistiques de l’Eurogroupe des 17 confirmerait - elle cette tendance ? Sur le graphe, nous trouvons la consommation de pétrole, et l’évolution du PIB. Rappelons que le chômage ne diminue qu’avec une croissance supérieure à 2 %. Nous constatons que sur 9 années successives, entre 1996 et 2004, la consommation pétrolière est relativement stable, avec une croissance autour de 1 % par an, et le PIB dépasse légèrement 3 %. Les 9 années suivantes de 2004 à 2012, la consommation de pétrole décroit régulièrement. La consommation de l’Euro groupe des 17 a chuté sur la période de 20 %, et le PIB est inférieur en moyenne annuelle à 0,9 %. Pendant ce temps la production mondiale de pétrole croissait de 5 % sur la période, soit environ 0 ,6 % par an en moyenne (peut être le début du pic de hubbert). Il y a eu certainement transfert vers les économies d’énergies, les ressources pétrolières ont été redistribuées vers d’autres pays, l’énergie provient d’autres sources pour partie, mais il est indéniable que le chômage a crû de manière importante. Or de 2004, à 2008, nous n’étions pas en crise. Commencerions nous à voir la fin des énergies fossiles bon marché et largement disponibles ?

En ouverture de la conférence environnementale, François Hollande annonce :

  • 30% de consommation d’hydrocarbures en moins d’ici 2030.
  • Ramener de 75 à 50% d’ici 2025 la part du nucléaire dans l’électricité.
  • Réduire la consommation d’énergie finale de 50% à l’horizon 2050.

Voilà des promesses politiques qui seront vraisemblablement tenue par la force des choses, nous n’avons pas le choix, les stocks s’épuisent (pic mondial de Hubbert du pétrole entre 2009 et 2017, gaz vers 2025, uranium vers 2030). Nous verrons plus loin ce que cela pourrait impliquer.


Vos esclaves : la santé ça va ?

Certains nous expliquent que l’esclavage est en général éradiqué sur terre. C’est en général vrai, pour une raison très simple, on a trouvé mieux. Un esclave devait être acheté, il fallait le nourrir, l’habiller, le soigner, l’abriter. Au XIX° siècle, on a découvert le charbon, puis plus tard le pétrole, le gaz, et l’uranium. Quelle liaison avec un esclave me direz vous ? Elle est très simple.

Soit un homme de 80 kg normalement constitué, en forme. Il est capable de grimper un dénivelé de 3000 m en une journée. Il monte la haut son poids, soit une énergie potentielle E (E=m.g.h) de 80x9,81x3000 = 2 354 400 Joules, autrement dit 0,654 KWh. En supposant qu’il soit capable de le faire tous les deux jours, cela nous fait à peu près 100 KWh par an. Comme nous sommes dans une région où la femme est l’égale de l’homme, nous prendrons comme ordre de grandeur qu’un homme (ou une femme) peut produire environ 100kWh d’énergie par an. Exercice : Sachant que cet individu est payé au SMIC, calculez le coût du KWh ainsi fourni, et comparez le au coût du KWh électrique. Réponse : en 2013 de 110 à 160 € le KWh contre 0,12 € pour l’électricité. L’énergie humaine coûte 1 000 fois plus cher que l’énergie fossile, l’esclave des temps jadis n’est plus rentable, tout évolue.

Nous pouvons également calculer le nombre d’esclaves énergétique que possède chaque français. Il suffit de diviser la consommation énergétique annuelle globale par le nombre d’habitants et la production moyenne d’un individu. Nous trouvons qu’un Français possède environ 460 esclaves énergétiques en 2012. Les américains en auraient 1 000. Voilà la base de notre qualité de vie. L’énergie permet en moyenne à tout terrien, d’avoir 200 esclaves. Imaginons que l’énergie devienne rare, nous devrons diminuer le nombre de nos esclaves, qu’elle devienne chère et ce sera de même. Soyons clair, l’esclave que nous imaginons, c’est l’équivalent en énergie que peut produire un individu. Nous ne le voyons pas, mais nous en disséminons un peu partout. Nous en prêtons un peu moins de 8 aux agriculteurs, une soixantaine pour l’ensemble de l’industrie et ses œuvres, 120 pour le résidentiel et tertiaire. Chaque élève de collège ou de lycée possède 5 à 10 esclaves qui lui permettent d’alimenter en énergie son établissement....

Ne croyons plus les politiques archaïques qui nous promettent le retour de la croissance. Elle est impossible dans les faits. En l’état actuel de la physique, et de la chimie, nous ne pouvons pas remplacer l’énergie fossile par une énergie renouvelable. Nos esclaves sont condamnés pour plus de la moitié d’entre eux.

A cela, ajoutons que cette énergie, essentiellement d’origine fossile et très polluante, est génératrice de GES.

La raréfaction de l’énergie pas chère, et sa réduction d’utilisation imposée aussi par le changement climatique : deux raisons pour des lendemains qui ne chanteront pas. Sauf à s’y préparer activement de toute urgence.


Vos esclaves : combien à terme ?

Essayons de coupler les déclarations de notre président, avec le nombre de nos esclaves futurs, et leurs position.

Nous avons les ord

res de grandeurs à minima de nos pertes d’énergie. Nous allons perdre 250 de nos 500 esclaves, mais dans quels secteurs ?

Méfions nous des idées reçues. Lorsque l’on demande ce que sont les énergies renouvelables les français répondent l’éolien et le photovoltaïque. Dans la pensée collective, aidée par le terme transition énergétique, les énergies renouvelables (EnR) remplaceront les énergies fossiles. Le lecteur pourra se référer au tableau pour 2012 pour voir leurs importances respectives, et la part de ces énergies par rapport à notre consommation totale. Comme nous pouvons le voir le bois et l’hydraulique (barrages et fil de l’eau) se taillent la part du lion, part relativement maigre. Pour l’éolien, et encore plus pour le solaire, rien de pas grand chose, cela ne fait même pas des queues de cerises. Les ordres de grandeurs sont parfois très décevants. Les énergies renouvelables ne remplaceront pas les énergies fossiles qui représentent plus de 93 % de notre énergie.

Entre 2000 et 2012, nous avons déjà réduit notre consommation de pétole de 16 % soit une réduction d’environ 1,8 % par an en moyenne. Réduire de 30 % d’ici 2030 est faisable, surtout si la crise s’accroît, elle est d’une aide importante. Il nous reste le double à faire sur 17 ans au lieu de 12. Sauf que le pétrole a été remplacé par le nucléaire et le gaz, et que le remplacement par les EnR sera très marginal. Le pétrole représente 30 % de notre énergie primaire. Pendant ce temps les EnR ont crû de 2,3 % au prix de beaucoup de subventions.

En conséquence, nous allons perdre 250 esclaves d’ici 2050, c’est à dire la moitié de ce dont nous disposons actuellement. Le confort, nos avantages très récents vont en pâtir. Mais la répartition là aussi est intéressante. Si nous isolons parfaitement nos 27 millions de logements, dont 15 millions ne sont pas isolés, nous économisons 17 % de notre énergie (habitations sans chauffage nécessaire, c’est possible). Nous pouvons donc supprimer un peu moins de 50 esclaves. Le reste se fera obligatoirement dans le secteur salarié. Le tertiaire, l’industrie, l’agriculture, les transports vont perdre plus de 200 esclaves énergétiques par français. Les 4/5 de la perte de la moitié du PIB se feront sur le secteur de l’emploi. Les ordres de grandeur sont parfois très durs avec nous. Il est bien évident que la création d’emploi dans les économies d’énergies, du bâtiment ne compenseront pas du tout la perte sur le reste de l’économie. Bien entendu, une partie de la perte de ces esclaves pourra être amortie par l’accroissement de l’efficacité énergétique, mais ne nous leurrons pas, beaucoup a déjà été fait. De là, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le chômage, et la précarité seront les invités de la fête. Heureusement, une bonne partie de nos gadgets aussi indispensables que peu utiles sont fabriqués ailleurs. La montée de l’alimentation bio, des paysans qui retournent à la terre, des ouvriers dans les usines, pourquoi pas... Il y aura des ajustements imprévisibles en bien ou en mal, nous en aurons la surprise.

  Et le printemps Arabe dans tout ça

On nous l’a bien expliqué, le printemps arabe est une aspiration des habitants des rives sud de la méditerranée à rejoindre leurs homologues du nord de cette mer dans la liberté et la démocratie. Or, nous constatons que des élections ont eu lieu, mais que la révolte demeure. N’y aurait il pas autre chose derrière cette révolte ?

Certains font remarquer que

quelques causes pourraient être ailleurs. Certes, l’aspiration à plus de démocratie, de justice sociale existe, mais dès 2007 le prix des céréales a flambé. En cause, les sécheresses, mais aussi un peu de spéculation, et l’arrivée des agrocarburants principalement aux USA. Rappelons que le marché des céréales est tendu. Il existe une partie non négligeable de la population mondiale qui est sous alimentée. Sur ce marché tendu, les américains détournent 10 % des céréales mondiales (essentiellement du maïs) pour produire à peine plus de 1 % d’équivalent carburant. Ceci avait provoqué déjà des révoltes de la faim au Mexique dès 2008.

L’association nourriture plus chère et baisse globale des revenus (liées à la crise) des pays révoltés est vraisemblablement un déclencheur de ces révoltes. Les pays les plus touchés, la Tunisie, l’Égypte, la Libye, le Yémen, les émirats, la Syrie..., sont des pays touchés fortement par la crise. Les Émirats et la Libye, grands producteurs d ‘énergie, subissent aussi une spoliation de la richesse par des élites aux dépens soit du peuple, soit de travailleurs immigrés. N’ y aurait il pas dans ce genre de phénomène, un indicateur précieux montrant l’implication de la raréfaction des ressources naturelles dans la fin de notre société ?

  Conclusion

Nous le percevons maintenant, quelle soit énergétique, ou écologique, la transition qui s’amorce nous est imposée par notre inconséquence. La science ne résoudra pas les problèmes posés. Nous devons nous prendre en main pour créer une nouvelle civilisation. Contrairement à l’idée reçue, nous n’irons pas directement dans le mur à grande vitesse, la fin serait rapide et indolore. Nous sommes plutôt en train de pénétrer dans un marécage où nous nous enliserons doucement sans aucun espoir de survie, la fin en serait plus atroce. Ne refaisons pas l’histoire de l’île de Pâques, il est temps de réagir.


[1324

[3Pour le pétrole, le pic de Hubbert serait plutôt un plateau avec des oscillations dues aux crises successives.


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