Guatemala et El Salvador - « responsabilité sociale des multinationales" : derrière le mythe, une dure réalité !

dimanche 16 décembre 2012
par  Yan lou Pec
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Les Amis de la Terre dévoilent ce qui se cache derrière la « responsabilité sociale des multinationales ».

Ce lundi 19 novembre se terminait la tournée internationale des Amis de la Terre au Guatemala et au Salvador. Les participants de 12 pays ont visité les macro-projets miniers et hydroélectriques de grandes multinationales en Amérique Centrale. Ils ont pu constater que le nouveau concept de « responsabilité sociale des entreprises » ne parvenait à cacher ni le pillage des ressources naturelles, ni les violations des Droits humains.

Cette mission internationale s’est déroulée entre les 13 et 19 novembre. Elle a rendu visite à des communautés villageoises qui défendent leurs droits fonciers confisqués par des multinationales qui mènent des projets miniers et hydroélectriques.

La délégation a fait le tour de différentes régions du Guatemala et du Salvador, faisant la liste et rassemblant les preuves des cas de violations systématiques des Droits humains, de criminalisation et de violences de la part des autorités politiques et des entreprises ; le but unique étant de pouvoir transformer en marchandises, les ressources naturelles et les biens des communautés.

La délégation des Amis de la Terre
La délégation des Amis de la Terre

Pour les Amis de la Terre, il est nécessaire que ces entreprises transnationales abandonnent les territoires touchés et qu’elles réparent les dégâts qu’elles ont infligés aux communautés. De même, nous demandons la libération des prisonniers politiques criminalisés pour avoir exercé le principe de résistance civile. Dans le cas du Salvador, nous exigeons aussi que les assassinats et les poursuites contre les défenseurs de la Nature soient éclaircis avec toutes les garanties juridiques et éthiques.

Durant cette tournée, nous avons pu constater le caractère systémique et systématique des crimes économiques et écologiques commis par les entreprises multinationales de par le monde. Les mines de Barillas au Guatemala et de Pacific Rim au Salvador en sont l’illustration emblématique. Parallèlement, un système d’impunité s’est développé qui permet aux grandes entreprises d’agir avec la complicité des gouvernements. Ces derniers signent des Traités de Libre Echange, des Accord d’association, et adaptent les cadres juridiques en faveur du secteur privé, le tout aux dépens des droits des communautés.

Le président Otto Perez Molina est un ancien militaire, encore très apprécié dans leurs rangs.
Le président Otto Perez Molina est un ancien militaire, encore très apprécié dans leurs rangs.

Il est apparu très clairement aux membres de la délégation que les grandes entreprises agissent avec méthodologie. Elles utilisent des moyens financiers et recourent, sous le thème de la « Responsabilité sociale des entreprises », à une publicité mensongère à destination des populations, qui donne une image positive de l’entreprise alors que dans d’autres régions du monde, les droits humains sont constamment violés.

La délégation écologiste était menée par la Croate, Jagoda Munić, nommée dernièrement présidente de la Fédération internationale des Amis de la Terre. Elle était composée de membres des Amis de la Terre des Philippines, d’Espagne, d’Argentine, du Brésil, du Honduras, d’Uruguay, de Colombie, du Costa Rica, d’El Salvador, du Guatemala et de Suède.

La première étape fut consacrée à la mine de Marlin, de la multinationale canadienne Goldcorp et aux populations avoisinantes de la municipalité de San Miguel Itxahuacán au Guatemala. Lors de la seconde étape à Santa Cruz de Barillas, la délégation a pris connaissance de la situation des prisonniers politiques détenus arbitrairement depuis mai 2012, pour s’être opposés à la construction d’un barrage hydroélectrique menée par l’entreprise espagnole Hidralia SA. Nos délégués se sont aussi informés sur les prisonniers du village de San José del Golfo qui défendaient leurs communautés contre l’installation de l’entreprise minière Exmingua, filiale du canadien Radius Gold Corporation.


"Hidro Santa Cruz, combien de femmes faut-il violer pour produire de la lumière". Depuis la loi martiale et l’arrivée des militaires, les actes de violences se multiplient notamment envers les femmes.

Le jour suivant, la lutte du Comité Environnemental dans différents cantons du département de Cabañas au Salvador, n’avait plus de secret pour notre mission. Ce Comité s’oppose aux projets d’extraction minière d’or et d’argent dans le canton d’El Dorado, menés par une autre entreprise canadienne, la Pacific Rim.

Jagoda Munić déclarait : « Après avoir discuté avec les communautés touchées et devant les situations qu’elles doivent affronter, c’est un sentiment fait de tristesse et de colère qui domine ». Jagoda exprima aussi la solidarité internationale avec la lutte des communautés victimes au Guatemala et avec la défense des Droits humains. Elle souligna aussi la responsabilité de la Fédération Internationale des Amis de la Terre qui doit continuer à soutenir les communautés qui résistent. La militante écologiste croate concluait par ses mots : « Les communautés qui résistent sont accusées de terrorisme, mais nous avons pu vérifier que ce n’étaient absolument pas le cas. Il s’agit de personnes qui défendent leurs territoires et leurs moyens de subsistance ».

De son côté, le président des Amis de la Terre d’Espagne, Victor Barro ajoutait que « Ces entreprises qui se prétendent espagnoles, comme Hidralia, Telefónica, Unión Fenosa et Aguas de Barcelona investissent notamment en Amérique du Sud et Centrale. Cela provoque des conflits sociaux et écologiques et entraîne des violations des Droits humains. Ces entreprises mènent leurs actions pour garantir la continuité du mode de vie que nous trouvons en Europe, même en temps de crise, et qui affectent chaque fois un peu plus les peuples des deux régions, comme on a pu le voir dernièrement lors de la grève générale menée sur le continent. ».

La délégation des Amis de la Terre rencontre les populations victimes des exactions des autorités et des entreprises

Barro communiquait aussi un message des prisonniers politiques, transmis lors de leur visite à la prison préventive de la Région 18 de la ville de Guatemala : « que l’entreprise laisse nos familles tranquilles et qu’elle quitte nos terres ».

Le travail de la mission a amené les participants à prendre conscience des situations extrêmement dures que connaissent les hommes et les femmes engagés dans la lutte contre les multinationales. Mais ils ont pu aussi ressentir directement la dignité, la joie, la diversité, la capacité de s’organiser et la dimension éthique de celles et ceux qui mènent la résistance et sont conscients que de leur lutte dépend la vie de leur génération et des générations futures.


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