Rio : le Sommet de la Terre brûlée !

jeudi 21 juin 2012
par  Yan lou Pec
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L’accord final du Sommet Rio+20 ne propose rien pour s’attaquer aux crises sociales et écologiques qui secouent le monde. « Notre maison brûle » disait un président français, il y a quelques années. Aujourd’hui, les grandes entreprises mondiales comptent sur les braises pour faire un immense barbecue ! Elles espèrent bien continuer à exploiter sans aucune limite les humains et la planète, s’insurgent les Amis de la Terre.

Après avoir mis le feu à la maison, les multinationales préparent le barbecue mondial !
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C’est sans surprise que Nnimmo Bassey, président de la Fédération internationale des Amis de la Terre, constate que : « Les responsables politiques veulent nous faire croire, par un coup de baguette magique verte, que cet accord minimaliste scandaleux est une avancée, alors que c’est un permis de saccager la planète. C’est une coquille vide sur le plan politique, mais un superbe cadeau pour toutes ces grandes entreprises qui ont pris en otage les Nations unies,afin de mieux favoriser leurs intérêts économiques à court terme. »

Ces 20 dernières années, on a surtout vu le développement durable des... multinationales et de leur emprise sur le cours du monde - aux dépens des peuples et des solutions souhaitables pour la planète. Elles se sont assurées entre autres, le contrôle de l’ONU pour avancer leurs pions dans tous les domaines, notamment pour saper tout effort d’instaurer la justice économique, la justice sociale, la souveraineté alimentaire [1].

Pour Lucia Ortiz, coordinatrice du programme sur la Justice économique des Amis de la Terre International : « L’accord du Sommet de Rio+20 a superbement ignoré les demandes des 50 000 représentant du Sommet des Peuples qui ont manifesté dans les rues de Rio [2] . Seuls les intérêts des multinationales prévalent. L’accord prévoit même que des pays puissent vendre leur « capital naturel » à de grandes entreprises internationales, sans le moindre règlement exigeant que ces entreprises puissent être tenues responsables des dégâts qu’elles causent. Certes « l’économie verte » n’a pas percé comme les industriels et les financiers l’auraient souhaité. C’est une petite lueur d’espoir dans un bilan très sombre, pour tous ceux qui se sont opposés avec forces à cette nouvelle attaque frontale du monde des affaires contre notre monde naturel. »

Notre système économique favorise des modes de production et de surconsommation extrêmement destructeurs. Il est responsable du désastre écologique et social que nous vivons. Alors que la situation exige des mesures très fortes, les acteurs financiers et industriels sont présentés comme faisant partie des solutions ! Aucune mesure contraignante n’est prévue. Par contre, le marché réglera tous les problèmes et les affaires peuvent continuer et croître.

Juliette Renaud des Amis de la Terre France conclut : « Lors de ce sommet, de nouveaux rapports de force se sont dessinés entre pays émergeants et anciennes puissances mondiales. Chacun essaie d’avancer ses pions économiques. Mais pendant que les « dirigeants » du monde jouent à leur Monopoly planétaire, la Terre « se dirige » vers le gouffre. La dégradation des écosystèmes mondiaux atteint une ampleur sans précédent. Encore quelques sommets comme celui-ci et ce sera Rio +20°C ! Face à des dirigeants qui ne voient le monde qu’à travers les intérêts de leur grandes entreprises, les citoyens, les peuples doivent, plus que jamais, reprendre leur destin en main ! »

La seule croissance qui croît encore : celle des déserts !
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[1Le 22 juin, Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International rencontrera le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, pour lui remettre un texte qui dénonce le contrôle que les entreprises exercent sur l’ONU. Ce texte lancé par les Amis de la Terre et 9 autres organisations a été signé par plus de 400 organisations regroupant des millions de personnes, de par le monde. Ce texte fait partie de la campagne lancée par les Amis de la Terre, avec notamment la parution de notre rapport « Libérons les Nations unies de l’emprise des multinationales » qui dévoile l’influence croissante des grands groupes industriels et financiers et de leurs lobbies sur l’ONU. Un certain nombre de cas précis sont décrits, comme Shell, Dow Chemical, Monsanto, Coca Cola ou le géant chinois du pétrole PetroChina.

[2Les Amis de la Terre ont concentré leurs efforts pour construire et participer au processus du Sommet des Peuples, en parallèle du sommet officiel à Rio. Des plénières de convergence thématiques et une grande Assemblée des Peuples y sont organisées pour défendre les alternatives portées par les organisations et mouvements sociaux venus du monde entier. L’assemblée finale permettra de construire un agenda partagé pour articuler les expériences de défense des biens communs face à cette économie verte.

Le rapport des Amis de la Terre international (en anglais) :
http://www.foei.org/reclaim-the-UN-report/view

Pétition en ligne et signataires :
http://www.foei.org/end-un-corporate-capture


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