L’opposition à Monsanto, le géant des biotechnologies, se renforce partout dans le monde

mercredi 4 avril 2012
par  Yan lou Pec
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Montevideo (Uruguay), Washington (Etats-Unis), Paris (France), le 4 avril 2012. Aujourd’hui, alors que Monsanto publie ses bénéfices du second trimestre 2012, un rapport rédigé par des organisations écologistes et paysannes montre que partout dans le monde, des petits agriculteurs, des agriculteurs bio, des communautés locales et des mouvements sociaux s’opposent à Monsanto et rejettent le modèle agro-industriel que cette firme incarne.

Le rapport Combattre Monsanto : résistance populaire au pouvoir de l’industrie agroalimentaire à l’heure de ‘l’économie verte’ et du changement climatique, co-rédigé par la Via Campesina, la Fédération internationale des Amis de la Terre (Friends of the Earth International) et Combat Monsanto présente une série de luttes contre Monsanto et les autres multinationales agrochimiques qui imposent leurs plantes génétiquement modifiées (OGM) aux agriculteurs et contaminent l’environnement.

devant le siège de Monsanto à Peyrehorade

Avril 2006 : 300 personnes manifestent avec le Collectif OGM Landes, devant le siège de Monsanto. Les Amis de la Terre et la conférencière, Liliane Spendeler, chargée de la campagne "Transgenicos" pour los Amigos de la Tierra dénoncent le pouvoir de Monsanto.
(Cliquez pour agrandir)

Pour Josie Riffaud de la Via Campesina : « Le récit de ces luttes démontre que l’opposition des mouvements sociaux et de la société civile a un impact réel sur l’introduction des OGM .Les législateurs ne peuvent plus ignorer les exigences de leurs concitoyens lors de la rédaction des textes réglementant les OGM et les pesticides dans l’alimentation et le secteur agricole. Ce n’est plus à Monsanto de faire la loi. »

Les multiples témoignages et analyses contenues dans ce rapport ont pour objectif d’inspirer et d’unir les consommateurs, les militants et les différentes communautés pour lutter contre les abus de Monsanto et des autres firmes de biotechnologies dans le monde.

Pour Héloïse Claudon de Combat Monsanto : « Ce rapport illustre l’opposition farouche contre cette multinationale qui répand ses produits génétiquement modifiés, sans se soucier le moins du monde des coûts sociaux, économiques et environnementaux qu’ils entraînent. La majorité des citoyens français reste opposée à la production d’aliments GM et plusieurs pays en Europe ont interdit la culture du maïs GM de Monsanto - le MON810 - et de la pomme de terre Amflora de BASF, malgré les pressions constantes de l’industrie des biotechnologies pour les introduire de force. Le récent procès de Monsanto contre la France pour la levée du moratoire et les mobilisations qui ont suivi est un exemple évident. »

Novembre 2002 : entre Paris et Madrid la tomate monstrueuse s'est arrêtée à Mont-de-Marsan

Les plantes GM détruisent la biodiversité de plantes agricoles de base, homogénéisent l’alimentation et font disparaître la culture et les connaissances locales liées à l’agriculture. Dans ces conditions, un système alimentaire mondial basé uniquement sur le profit et non la production durable dans le cadre de la souveraineté alimentaire, risque d’aggraver les inégalités sociales, la pauvreté et la surexploitation des ressources naturelles.

La surface totale des cultures GM recouvre 3 % de la surface agricole mondiale : 97 % des terres agricoles mondiales sont sans OGM. La culture des OGM se limite toujours à une poignée de pays : 90 % des plantes GM sont cultivées aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine, en Inde et au Canada. Près de 60 % des essais en plein champ sont menés aux Etats-Unis. L’essentiel des plantes GM sert à nourrir les animaux d’élevage ou à produire les agrocarburants destinés aux pays riches.

Christian Berdot des Amis de la Terre France conclut : « Les plantes GM sont cultivées depuis 15 ans. Le bilan est sans appel : Monsanto s’est enrichi certes, mais aux dépens des agriculteurs et de l’environnement. Les OGM sont un échec agronomique évident : les mauvaises herbes et les insectes résistants se multiplient et détruisent les récoltes ; la consommation de produits chimiques explose. Comment, dans ces conditions, des responsables agricoles français peuvent vouloir importer cet échec en France ? »

Note :

Voir aussi notre article de 2002 sur Monsanto et la liberté d’expression


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Combattre Monsanto : résistance populaire au (...)
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